Le diabète n’est plus une simple question médicale. C’est un véritable enjeu de santé publique qui progresse silencieusement, touchant des milliers de familles et pesant lourdement sur notre système de santé.
Derrière les chiffres, il y a des réalités humaines, des patients confrontés à des difficultés d’accès aux soins, à un suivi parfois irrégulier et à des contraintes financières qui compliquent la gestion quotidienne de la maladie. À l’approche du mois de Ramadhan, la question devient encore plus sensible. Entre convictions religieuses, pression sociale et impératifs médicaux, de nombreux diabétiques se retrouvent face à un choix difficile.
Peut-on concilier foi et sécurité sanitaire ? L’information et l’accompagnement sont-ils suffisants, pour éviter les complications ? Avons-nous tiré les leçons des années précédentes ? Il ne s’agit pas seulement de dresser un constat, mais d’interroger les responsabilités, d’évaluer l’efficacité des stratégies de prévention et d’ouvrir des pistes concrètes d’amélioration. Car le diabète n’est pas une fatalité. Il exige une mobilisation collective, autorités sanitaires, professionnels de santé, associations et citoyens.
La progression spectaculaire du diabète en Algérie est le résultat d’une profonde transformation des modes de vie, au cours des deux dernières décennies. D’abord, l’alimentation a radicalement changé. La consommation excessive de sucre, de pain blanc, de pâtisseries et de boissons sucrées, combinée à une forte présence de matières grasses dans les repas quotidiens, favorise le surpoids et l’obésité. Or, l’obésité constitue le principal facteur de risque du diabète de type 2. Le déséquilibre alimentaire s’est installé progressivement, au point de devenir une norme sociale. Ensuite, la sédentarité joue un rôle déterminant. La diminution de l’activité physique, liée à l’urbanisation, au travail de bureau et à l’usage accru de la voiture, réduit la dépense énergétique quotidienne. Le corps consomme moins de glucose, ce qui favorise l’installation d’une résistance à l’insuline. Par ailleurs, le vieillissement de la population contribue mécaniquement à l’augmentation du nombre de cas.
Le diabète touche davantage les personnes de plus de 40 ans, et l’espérance de vie plus longue entraîne une hausse du nombre de patients diagnostiqués. Il faut également tenir compte d’un meilleur dépistage. Une partie de l’augmentation s’explique par une détection plus large de la maladie. Cependant, cela ne suffit pas à justifier un tel doublement en moins de dix ans. Enfin, le manque de prévention structurée et continue reste un facteur clé. Les campagnes de sensibilisation demeurent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
La prévention alimentaire à l’école, la promotion du sport et la régulation de certains produits riches en sucre.
F. L.