Diffusé sur la télévision publique et les plate-formes du MDN, ce documentaire met en lumière la lutte quotidienne des détachements de l’ANP et des Groupements des Gardes-Frontières contre un trafic de drogue organisé.
Un documentaire intitulé « La guerre contre les drogues, l’Algérie au cœur de la bataille », réalisé par la Direction de l’Information et de la Communication de l’Etat-Major de l’ANP, a été diffusé dans la soirée du vendredi sur la chaîne de la télévision publique et les plate-formes du MDN. Un documentaire exceptionnel. Il ne s’agit pas d’un film ordinaire mais d’un documentaire qui rend plus visible, les plans criminels du Makhzen visant à inonder l’Algérie en drogue, à savoir la résine de cannabis notamment, via les frontières sud-ouest et met en avant les grands efforts des détachements de l’ANP et des Groupements des Gardes-Frontières (GGF) face à une menace quotidienne. Le documentaire rappelle d’abord dans sa première partie, la position stratégique de notre pays qui partage plus de 1.600 km avec un pays, le premier producteur et exportateur de résine de cannabis dans le monde.
Il met l’accent également sur la particularité du contexte sécuritaire régional marqué également par l’instabilité et les conflits, des facteurs qui mettent l’Algérie face à des grands défis, notamment la menace de ses frontières, de sa sécurité et la stabilité de la société. La drogue constitue l’une des menaces majeures. Pour y faire face, l’Algérie mène une guerre particulière, affirme le documentaire. « Une guerre à l’abri des regards, une guerre silencieuse », précise-t-on. Cette guerre cible notamment la jeunesse. Ce n’est pas anodin. Les jeunes sont la richesse et l’avenir du pays.
Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a averti de ce danger appelant à redoubler d’efforts dans la lutte contre la drogue parmi les jeunes. Cette action doit, selon le chef de l’Etat, s’inscrire dans une stratégie visant à protéger cette frange de la société contre ce qu’il a qualifié de « plan programmé depuis l’étranger et ciblant une catégorie considérée comme le noyau vital de la société algérienne, caractérisée par un fort esprit patriotique ». L’Algérie a adopté une stratégie initiée par le Président de la République qui repose sur la consolidation des lignes de défense notamment, précise le documentaire. Il revient sur « les saisies sans précédent » de Haschisch marocain ces dernières années.
Un indicateur selon le documentaire, que l’Algérie est devenue une zone de transit et de consommation. L’éclairage d’un spécialiste en l’occurrence le Pr Hamza Houssam, enseignant universitaire en sciences politiques et relations internationales qui évoque « un défi complexe » à savoir un projet économique visant des marchés internationaux et une menace à caractère sécuritaire. L’enseignant a relevé « une volonté politique de déstabilisation menée par le gouvernement marocain dans son hostilité déclarée contre l’Algérie, à travers une activité criminelle légalisée ». Le documentaire évoque également le volet scientifique.
La guerre menée par le Haut Commandement de l’ANP en coordination avec les différents services de sécurité contre le narcotrafic est également « scientifique ». L’Algérie détient aujourd’hui des preuves scientifiques sur les plans criminels du Makhzen ayant recouru à la transformation de la résine de cannabis, devenue une drogue dure plus toxique.
C’est la conclusion de l’étude menée par des experts de l’Institut National de Criminologie et de Criminalistique (INCC) de la Gendarmerie Nationale (GN) à Bouchaoui. Cette étude analytique a mis en lumière les profondes transformations des modes de consommation de drogue et de substances psychoactives en Algérie durant la période allant de 2014 à mai 2025. L’étude qui a été publiée dans les grandes revues mondiales, a relevé un taux élevé de Tétrahydrocannabinol (THC) ou de principe actif. En 2010, le Hashish marocain avait 1 % de THC, alors qu’en 2020, il est passé à des pourcentages qui avoisinent les 50% (46%). Ce qui est dangereux pour la santé publique, alerte-t-on. Sur le plan opérationnel, une guerre est menée quotidiennement sans répit notamment au niveau des frontières sud-ouest avec le Maroc. Des jeunes officiers et soldats de l’ANP sont mobilisés aux frontières de Béchar de jour comme de nuit. Loin des regards, des embuscades, arrestations sont opérées par des patrouilles pédestres nocturnes pour mettre en échec des tentatives répétées pour l’acheminement de drogue vers le territoire national.
Le documentaire dévoile leurs missions qui consistent en la surveillance permanente et la protection des frontières terrestres sud-ouest du pays, le contrôle et la détection de toute intrusion à l’intérieur du territoire national pouvant porter atteinte à l’intégrité et à la sécurité du pays. Il s’agit également de « missions de police des frontières » qui englobent la lutte contre le trafic de drogue, d’armes, l’émigration clandestine, la contrebande sous toutes ses formes ainsi que le contrôle des personnes suspectes et la saisie des produits de contrebande.
Le documentaire diffuse des actions de la vie quotidienne des détachements de l’ANP et des GGF mobilisés aux frontières de Béchar dans sa première partie. Il ne s’agit pas désormais de « mises en scènes » mais d’actions réelles filmées par des caméras. Les journalistes ont rencontré lors de ce documentaire, des unités opérationnelles en plein désert en mission de reconnaissance, patrouilles et embuscades, et la détection de tout mouvement via un point d’observation principal doté de caméras et d’un radar modernes dans le territoire de compétence prédéfini.
Des images qui permettent de localiser un mouvement suspect et d’assurer une information réelle. Des jeunes officiers de grade de lieutenant et des sous-officiers de grade de caporal chef d’unités sont là. Ils le confirment dans leurs déclarations : « Ne touche pas à ma terre ».
Conscients du danger de leurs missions, ils affrontent les narcotrafiquants dont certains armés et la mort avec la détermination de sécuriser les frontières et faire face à toute menace éventuelle, ce qui confirme le haut degré de professionnalisme, de disponibilité et d’adaptation à l’évolution de la criminalité et aux changements des modes opératoires criminels malgré les conditions naturelles difficiles de cette région, à savoir des températures très élevées et des vents de sable qui rendent encore plus difficile l’exécution de missions. Des sacs de drogue ont été découverts par des unités de reconnaissance enfouis sous le sable, grâce à l’utilisation de détecteurs ce qui renseigne sur l’acquisition des équipements High Tigh, comme les caméras de surveillance de haute résolution (laser et thermiques) qui se distinguent par leur haute précision d’imagerie et le survol aérien permanent de la zone de compétence, dans le cadre d’opérations de reconnaissance aérienne le long des frontières ainsi que des axes pouvant être empruntés par les narcotrafiquants à savoir les oueds.
De même pour les Groupements des GGF (Groupements des Gardes-Frontières) qui viennent d’être féminisés, qui accomplissent leurs missions au niveau de la bande frontalière avec le Maroc. L’on voit dans le documentaire des femmes GGF en tenue et armées dans une intervention face à des narcotrafiquants armés. Un convoi a été intercepté, les trafiquants marocains arrêtés et la drogue saisie. Une opération réussie. Le documentaire, dans sa première partie, est porteur de messages internes et externes. Il montre la disponibilité de notre armée qui accomplit des missions vitales le long de la bande frontalière mais aussi pour dire que les frontières nationales sont « une ligne rouge ».
N. B.