La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nessima Arhab, a procédé, hier à Alger, au lancement officiel du Référentiel national de la formation et des compétences (RNFC), un projet stratégique visant à moderniser le système de formation professionnelle et à mieux l’adapter aux besoins du marché du travail. La cérémonie s’est déroulée en présence de 12 ministres et de plusieurs représentants de différents secteurs.
Ce nouvel outil national a pour objectif d’identifier et de définir avec précision les compétences professionnelles attendues dans les différents secteurs économiques. Il permettra ainsi de rapprocher davantage la formation des exigences réelles des entreprises et de réduire l’écart souvent constaté entre formation et emploi. Dans son allocution, la ministre a souligné que ce projet constitue l’une des principales étapes de la réforme pédagogique engagée par son secteur, avec pour objectif de bâtir un système de formation plus moderne, plus flexible et capable de suivre les transformations rapides des métiers et des technologies. Elle a expliqué que le RNFC introduit une approche innovante fondée sur des blocs de compétences pouvant être évalués et valorisés séparément.
Cette méthode marque un changement important dans la conception des programmes de formation, qui ne seront plus uniquement organisés autour de diplômes ou de spécialités, mais davantage autour des compétences. Selon la ministre, cette démarche devrait également contribuer à améliorer l’employabilité des diplômés de la formation professionnelle, en rendant leurs compétences plus lisibles pour les entreprises et en facilitant les processus de recrutement. Le projet s’appuie également sur une plateforme numérique dédiée à la gestion de l’ingénierie pédagogique, qui permettra d’actualiser plus rapidement les programmes de formation afin de suivre l’évolution constante des technologies et des métiers.
La ministre a indiqué que le secteur a signé 14 conventions de coopération avec plusieurs départements ministériels et partenaires économiques, afin d’identifier plus précisément les besoins en compétences à travers l’analyse des chaînes de valeur sectorielles et professionnelles. Par ailleurs, elle a souligné que de nouveaux mécanismes institutionnels ont été mis en place, notamment la création d’une cellule chargée de suivre les besoins en formation liés aux grands projets économiques, ainsi que le développement d’un système d’échange de données avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement.
La coordination avec les wilayas sera également renforcée. À terme, ces dispositifs permettront d’élaborer une cartographie nationale des compétences et des métiers. « Ce projet dépasse le simple cadre organisationnel. Il constitue une étape stratégique pour bâtir un système national intégré de compétences capable d’accompagner les transformations économiques du pays et de soutenir les efforts de diversification de l’économie nationale», a affirmé la ministre. Elle a enfin appelé l’ensemble des acteurs concernés à s’impliquer pleinement dans la réussite de ce chantier.
R. B.
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Fouad Khettal, directeur d’études : « Vers une formation au service de l’économie »
Pour Fouad Khettal, directeur d’études au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, la réforme menée, à travers le Référentiel national de la formation et des compétences (RNFC), vise à moderniser le système de formation et à l’adapter aux besoins réels de l’économie. La plateforme couvre plus de 16 secteurs, 648 spécialités, 1.279 unités de compétences et 8.122 compétences professionnelles. «Réformer ne signifie pas détruire, mais mieux construire l’avenir», a-t-il rappelé, soulignant qu’un diagnostic réalisé en 2019 avait révélé les limites du système actuel : lenteur dans l’élaboration des programmes, rigidité et décalage entre les compétences délivrées et les besoins du marché du travail.
«Pour remédier à ces insuffisances, la réforme repose sur plusieurs axes majeurs : un système plus moderne, plus agile et davantage centré sur les compétences, tout en accordant une place prioritaire aux besoins du secteur économique dans la conception des programmes de formation», a-t-il expliqué. Le RNFC introduit une approche modulaire basée sur des blocs de compétences, offrant aux apprenants la possibilité de valider progressivement leurs acquis, d’interrompre et de reprendre leur parcours, tout en facilitant l’employabilité. La réforme permet également aux institutions de formation d’ajuster rapidement leur offre selon les besoins économiques et régionaux, grâce à la plateforme numérique TDFP (training demandforecasting program), qui centralise et analyse les données issues des collectivités, partenaires économiques et agences comme l’Agence algérienne de promotion de l’investissement. En outre, M. Khettal a souligné l’importance de l’approche collaborative, avec des conventions prévues avec plusieurs ministères, pour concevoir des programmes de formation répondant concrètement aux besoins des différents secteurs.
R. B.
Recherche et innovation : Deux conventions stratégiques signées au CRTI
La dynamique de valorisation des résultats de la recherche scientifique a franchi une nouvelle étape, hier à Alger, à l’occasion de la visite du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, au Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI). Cette visite a été marquée par la signature de deux conventions de partenariat visant à renforcer les passerelles entre la recherche scientifique, le monde économique et le secteur agricole. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du ministre, qui a assisté au paraphe de ces accords par les responsables des institutions concernées.
La première convention a été signée entre le Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI) et l’entreprise SARL MAG, spécialisée dans la production de matériel agricole. L’accord a été paraphé par le directeur général du CRTI, le Dr Riad Badji, et le directeur de la société SARL MAG, Fayçal Soltani. Cette coopération vise à favoriser le transfert des solutions technologiques développées par les chercheurs du centre vers le tissu industriel, afin d’en assurer la production à plus grande échelle et leur intégration dans le marché national. La deuxième convention a été conclue entre le Centre de Recherche en Technologies Industrielles et l’École nationale supérieure agronomique d’Alger (ENSA). Cet accord a été signé par le Dr Riad Badji, directeur général du CRTI, et le professeur Tarik Hartani, directeur de l’ENSA. Il vise à renforcer la coopération scientifique et technologique entre les deux institutions, notamment dans les domaines liés à l’innovation agricole, au développement technologique et à la valorisation des résultats de la recherche au service du secteur agricole. Dans une allocution prononcée, à cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mis en avant les avancées réalisées par le Centre de Recherche en Technologies Industrielles. Il a indiqué que le centre dispose, aujourd’hui, de six solutions technologiques matures, prêtes à être transférées vers les opérateurs économiques et à être introduites sur le marché national. Il a souligné que ces solutions, développées par les chercheurs du centre, sont désormais suffisamment avancées pour passer à la phase de production et de valorisation industrielle.
Dans ce contexte, M. Baddari a lancé un appel aux opérateurs économiques, notamment aux industriels, afin qu’ils s’approprient ces innovations et contribuent à leur fabrication à grande échelle, permettant ainsi de générer une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale. Le ministre a également affirmé que cette nouvelle génération d’innovations constitue une véritable contribution à l’économie de la connaissance et à l’économie innovante, précisant qu’elle couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment la souveraineté alimentaire, la souveraineté industrielle et les applications de l’intelligence artificielle. Il a, par ailleurs, salué les réalisations du centre, estimant qu’elles traduisent concrètement la volonté de promouvoir l’innovation en Algérie et de renforcer la synergie entre recherche scientifique et secteur productif.
De son côté, le directeur général du Centre de Recherche en Technologies Industrielles, le Dr Riad Badji, a souligné que les différents projets développés au sein du centre sont le fruit du travail des chercheurs et s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer le rôle de la recherche scientifique dans l’économie nationale. Il a affirmé que ces réalisations traduisent les efforts engagés par le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, pour stimuler la créativité au sein des centres de recherche et offrir aux chercheurs algériens les conditions nécessaires pour développer des solutions technologiques à forte valeur ajoutée. La visite du ministre a également été mise à profit, pour découvrir plusieurs projets technologiques réalisés par les chercheurs du Centre de Recherche en Technologies Industrielles. Cette immersion a permis de prendre connaissance de l’utilité et des perspectives d’application de ces innovations.
K. H.