Présence de femmes dans les listes électorales : l’ANIE apporte des précisions

L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a affirmé, samedi dernier, dans un communiqué, que l’exemption de la condition de représentation des femmes dans la constitution des listes de candidats aux élections des membres de l’Assemblée populaire nationale ne signifie en aucun cas une dispense de la représentation féminine, mais uniquement une exemption du quota requis.

« En vertu de la Constitution, notamment son article 59, et conformément au décret présidentiel 26-145 portant convocation du corps électoral pour l'élection des membres de l'APN, prévue jeudi 2 juillet 2026, l'ANIE informe l'ensemble des listes de candidats concernés par la demande d'exemption de la condition de représentation des femmes, faute d'avoir atteint le tiers des candidats requis par l'article 191 de l'ordonnance 21-01 du 26 Rajab 1442 correspondant au 10 mars 2021, que ladite exemption ne signifie en aucun cas une dispense de la représentation féminine, mais plutôt une exemption du quota », précise la même source qui indique que « les listes doivent garantir l'inclusion du minimum de représentation féminine parmi les candidats, indépendamment du bénéfice de l'exemption de la condition du tiers ». Ce rappel intervient dans un contexte où la participation de la femme en politique demeure une question centrale du processus démocratique. Il faut dire que l’instauration de quotas dans la législation électorale, consolidée par la loi organique relative au régime électoral, a constitué une étape importante pour pérenniser la présence des femmes au sein des assemblées élues.

L’orientation s’inscrit dans le prolongement des principes constitutionnels consacrant l’égalité entre les citoyens et encourageant l’accès des femmes aux responsabilités politiques. Signalons dans ce sillage que le code électoral révisé — qui impose le pourcentage de la représentation de femmes sur les listes électorales à un tiers au lieu de la moitié précédemment — insère cependant une disposition transitoire applicable aux élections de l’APN et des Assemblées populaires locales suivant immédiatement la publication de cette loi, soit comme le cas présent. La démarche tend à dispenser, dans une première étape, les listes qui ne sont pas en mesure de remplir cette condition. Toutefois, le communiqué de l’ANIE met en lumière et explique clairement que cette exemption ne signifie nullement une dispense de la représentation féminine, mais uniquement une exemption du quota exigé.

La récente réforme du régime électoral, qui introduit une certaine flexibilité, maintient l’exigence d’une représentation féminine minimale. Cette approche traduit une volonté d’équilibre entre réalisme politique et impératif d’inclusion. Mais, en définitive, la question de la participation des femmes en politique ne se limite pas à une obligation légale, mais constitue un enjeu majeur pour le renforcement de la démocratie. Si le cadre juridique est aujourd’hui favorable, le défi reste celui de sa mise en œuvre effective et de l’évolution des mentalités, afin de permettre aux femmes algérienne, où qu’elles soient, de jouer pleinement leur rôle dans la gestion des affaires publiques et d’être présentes dans l’échiquier politique.

D’ailleurs, la Constitution est on ne peut plus claire à ce sujet puisque l’article 59 stipule que « l’Etat œuvre à la promotion des droits politiques de la femme en encourageant ses chances d'accès à la représentation dans les assemblées élues ».

S. G.

Sur le même thème

Multimedia