Le Dr Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a tenu à rassurer les Algériens par rapport au bon déroulement de la préparation de l’élection législative du 2 juillet prochain, notamment pour ce qui est de l’opération de retrait des formulaires et de la légalisation des signatures par les potentiels candidats, que ce soit des partis politiques ou des listes d’indépendants. Une opération qui se déroule «normalement», a-t-il affirmé.
Invité du Forum d’El Moudjahid, ce lundi 20 avril 2026, celui-ci s’est, entre autres, attardé sur la récente révision technique de la Constitution et son impact sur le fonctionnement de l’ANIE.
Il a insisté, à cet effet, sur le fait que ces ajustements constitutionnels ont visé une meilleure efficacité de l’Autorité en la déchargeant des missions logistiques, ce qui va lui permettre de se consacrer à ses missions essentielles qui sont l’organisation et le contrôle de l’opération électorale.
Déchargée de la logistique pour une meilleure efficacité
Ainsi, selon lui, cette révision «a mis de l’ordre pour définir ce qui revient à l’ANIE dans son domaine qui est l’organisation, la supervision et le contrôle des opérations électorales», ceci alors que, désormais, le volet logistique «est dévolu au ministère de l’Intérieur» qui «décharge» ainsi l’Autorité d’un «poids qui pouvait la plomber». «L’ANIE n’aura plus à s’inquiéter de loger, de nourrir, par exemple, ceux qui encadrent les bureaux de vote, la logistique, tout ce qui concerne le transport et autres», a-t-il expliqué.
Pour le reste, a-t-il enchaîné, «l’ANIE exerce toujours les mêmes prérogatives» pour ce qui est de l’organisation et du contrôle.
Légalisation des parrainages : «Les délais doivent être respectés»
L’opération de retrait des formulaires et de légalisation des signatures se déroule normalement, a affirmé le président par intérim de l’ANIE. «L’ensemble des partis politiques qui sont en situation légale – selon la liste qui nous a été transmise par le ministère de l’Intérieur – ont fait des retraits au niveau de l’ensemble des wilayas et même à travers le monde», a-t-il affirmé.
Donc, l’opération «se fait le plus normalement du monde, quotidiennement, au niveau des coordinations de wilaya», a-t-il ajouté, soulignant que le data center de l’ANIE leur permet de «suivre en temps réel qui est le parti qui a retiré, la wilaya dans laquelle il a retiré, le nombre de souscriptions imprimées vierges qui ont été retirées…».
Pour ce qui est de la demande d’allonger la période de légalisation des formulaires faite par certaines formations politiques, Karim Khelfane a été catégorique : les délais doivent être respectés. Tout en rappelant que le dernier délai pour le dépôt des dossiers est le 18 mai, celui-ci a indiqué qu’«il y a un processus» où «chaque maillon est lié à l’autre». «On ne peut pas compresser ou allonger ces délais», a-t-il lancé.
Khelfane a néanmoins cité le cas de 14 partis politiques qui ne sont pas conformes à la réglementation qui, jusqu’à leur mise en conformité, n’ont pas le droit de retirer les formulaires.
Révision des listes électorales : un engouement notamment à l’étranger
Pour ce qui est de l’actuelle révision exceptionnelle des listes électorales, le président par intérim de l’ANIE a relevé un «engouement» notamment de la part de la communauté nationale à l’étranger.
Khelfane a évoqué, ainsi, «l’engouement suscité au sein de nos communautés à l’étranger et aussi ici même, parce que là, maintenant, les partis politiques aussi travaillent, se préparent pour expliquer aux citoyens l’intérêt d’aller s’inscrire sur les listes électorales», soulignant à ce propos qu’«à l’étranger, les missions diplomatiques et consulaires algériennes sont débordées». Il a rappelé, dans ce sens, le «bon score» réalisé déjà lors des présidentielles anticipées où le taux de participation à l’étranger «a atteint presque 20 % (19,8 %)».
Lutte contre le nomadisme politique : l’ANIE s’inscrit dans le cadre de la politique de l’État
Pour ce qui est du communiqué num. 8 de l’ANIE, relatif au «nomadisme politique», Karim Khelfane a tenu à rappeler que «la politique de l’État a été bâtie depuis 2019 sur des principes majeurs, des objectifs majeurs que sont : la lutte contre la corruption, l’argent sale, le nomadisme politique et la moralisation de la vie politique». «Comment peut-on aujourd’hui tourner le dos à cette politique qui est menée depuis plus de six ans ?» a-t-il ajouté, précisant qu’un travail a été fait «lors du renouvellement des deux tiers des membres du Conseil de la nation», où, justement, l’ANIE a appliqué «ces règles relatives au nomadisme politique».
Une «jurisprudence», a-t-il affirmé, qui «semblait être acceptée par nos partenaires politiques puisqu’elle était appliquée à distance égale».
Pour ce qui est de la lutte contre la corruption, celui-ci a rappelé que la loi prévoit la mise en place d’une commission de contrôle de la campagne électorale qui devra être installée au début de la campagne.
Présence des femmes sur les listes : exemption de la condition du tiers et non celle de la représentation
Parallèlement, l’ANIE veille à la représentativité féminine. Le président par intérim de l’ANIE a expliqué que l’exemption de la condition du tiers ne veut pas dire absence totale des femmes sur les listes.
«On dit l’exemption de la condition du tiers et non de la condition de la représentation elle-même. C’est là où les partis doivent jouer le jeu. Et ce fut le cas, par exemple, en 2021 et peut-être aussi maintenant, parce qu’il fallait justement un petit rappel», a-t-il dit.
Le vote électronique : «Doucement mais de manière convaincante»
Sur la question du vote électronique, l’ANIE prône la prudence. Si l’Autorité s’est déjà mise à la numérisation, notamment pour ce qui est du fichier électoral, le passage au vote électronique nécessite des garde-fous.
Karim Khelfane a rappelé que la première conférence qu’il a eu à organiser après son arrivée à l’ANIE était en lien avec «le phénomène des ingérences étrangères dans les processus électoraux et leurs impacts sur la sécurité nationale : quelle stratégie pour l’Algérie ?» Ceci, parce que, a-t-il expliqué, «il n’y a pas aujourd’hui un processus électoral de par le monde où il n’y a pas d’ingérence ou de tentative d’ingérence et de déstabilisation».
Donc, selon lui, «il ne faut pas ouvrir de brèche qui puisse être source de vulnérabilité». «Nous allons doucement vers cela, et croyez-moi nous y pensons. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs», a-t-il lancé, soulignant qu’il faut y aller «doucement mais de manière convaincante».