Le Parc national du Djurdjura tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public, l’administration du parc, classé par l’Unesco comme réserve mondiale de biosphère depuis 1997, alerte sur la multiplication et la banalisation d’activités touristiques organisées, souvent à un rythme quasi hebdomadaire via les réseaux sociaux. En effet, le PND fait état d’une multiplication d’initiatives. Randonnées, trails, bivouacs, sorties nocturnes ou encore activités sportives sont organisées à un rythme soutenu, principalement via les réseaux sociaux. Si ces «pratiques» témoignent d’un intérêt croissant pour les espaces naturels, elles suscitent néanmoins de vives préoccupations. «Bien que ces activités soient autorisées, elles doivent impérativement s’inscrire dans une démarche responsable», a-t-on indiqué, rappelant que le parc constitue avant tout une aire protégée dont la vocation première est la conservation de la biodiversité, la protection des paysages et le maintien des équilibres écologiques. Les responsables du parc insistent sur un principe fondamental. «Toute activité projetée doit être pensée de manière à minimiser son impact négatif sur l’environnement», a-t-on souligné dans le communiqué en appelant à l’adoption de pratiques respectueuses, reposant notamment sur «le principe du zéro déchet», l’utilisation exclusive des sentiers balisés et le respect strict du calme et de la quiétude des lieux. Dans le même sens, il est recommandé d’éviter les activités de masse et de privilégier des groupes réduits, mieux à même de limiter les pressions sur les milieux naturels. «L’écoresponsabilité doit être un état d’esprit partagé par tous», a-t-on souligné, insistant sur la nécessité d’un engagement collectif. Le PND met également en avant la notion de tourisme solidaire, encourageant les visiteurs à «valoriser les produits du terroir et les savoir-faire locaux», tout en respectant les dimensions culturelles des populations riveraines. Il évoque, par ailleurs, le concept de tourisme régénérateur, appelant à «réparer les impacts environnementaux causés» lorsque cela est possible. Une attention particulière est portée à la saisonnalité.
Dans sa «missive», l’administration du Parc a mentionné clairement «l’interdiction des activités durant la période estivale, notamment dans les zones forestières», en raison de la sensibilité accrue de ces milieux et des risques qu’ils encourent.
Il est, en outre, recommandé d’«adapter ou de délocaliser certaines activités vers des zones moins vulnérables». Cependant, ces recommandations interviennent dans un contexte marqué par des insuffisances notables. Sur le terrain, de nombreuses activités échappent encore à tout contrôle effectif. Des groupes importants évoluent en dehors de tout cadre réglementaire, parfois sans autorisation, en contradiction avec les orientations fixées. Déchets abandonnés, nuisances diverses et perturbations de la faune illustrent parfaitement les dérives pointées du doigt. Le parc ne cache pas son inquiétude face à ces pratiques. Certaines d’entre elles «versent dans un tourisme délétère, susceptible de provoquer des dommages irréversibles», a-t-on déploré, mettant en garde contre les conséquences d’un développement non maîtrisé. Face à cette situation, les responsables affirment leur volonté d’agir. «Le Parc national du Djurdjura se réserve le droit d’intervenir pour annuler, modifier ou reporter toute activité susceptible de porter atteinte à l’équilibre écologique», a-t-on averti.
A. F.