Mobilisés en prévision des législatives : effervescence dans les états-majors des partis

À un peu plus de deux mois de la tenue des élections législatives, fixées pour le 2 juillet, l’effervescence monte d’un cran sur l’échiquier politique algérien.

Du FLN au RND, en passant par Tadj et le FFS, les formations rivalisent d’initiatives et de discours pour capter un électorat en quête de repères. En fait, même si le coup d’envoi officiel de la campagne électorale n’a pas encore retenti, force est de constater que l'effervescence monte d’un cran sur l’échiquier politique national. La machine électorale semble d’ores et déjà en plein régime.

Des hauteurs de Sétif, en passant par les bastions de la Kabylie et les hauts plateaux de Laghouat, chacun affine sa stratégie pour tenter de convaincre, le 2 juillet prochain, un corps électoral de plus en plus courtisé. C’est depuis la capitale des Hauts plateaux, Sétif, que le secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN), Abdelkrim Benmebarek, a donné le tempo. Animant un meeting qui a réuni une foule dense, mêlant cadres historiques et jeunes adhérents, le SG du FLN a affirmé que son parti aborde l’échéance « avec une confiance totale et une entière disponibilité ».

« La maison FLN est en préparation complète », a-t-il martelé, promettant une campagne « sérieuse et organisée », loin de l’improvisation. Il a même révélé que l’un des atouts majeurs de stratégie réside dans l’élaboration de listes de candidatures « qualitatives » réunissant « les meilleurs fils et filles d’Algérie, parmi les jeunes, les femmes, les compétences scientifiques et professionnelles ».

À ce volet humain s’ajoute un programme « ambitieux et réalisable », ainsi qu’une « campagne électorale moderne et efficace » articulée autour des médias et des réseaux sociaux. Sur le plan interne, Benmebarek a exclu toute forme d’exclusion ou d’opportunisme, définissant le « militant engagé » comme un « homme de message, de conscience, au service constant de la nation et de la lutte contre toutes les formes de corruption ». En guise de mise au point, il a fait savoir que « tous ceux qui ont parié sur la fin du rôle de ce parti national historique ont vu leurs espoirs déçus ». Pendant que le FLN s’adressait à Sétif, le Rassemblement national démocratique (RND) délocalise son action bien au-delà de la Méditerranée. Monder Boudène, SG du parti, a supervisé une rencontre avec des membres de la communauté algérienne établie à Istanbul, en Turquie. L’objectif affiché s’articule en termes de renforcement des liens entre les instances nationales et les « enfants de la nation » dispersés aux quatre coins du monde. Pendant plusieurs heures, les échanges ont porté sur les préoccupations quotidiennes de la diaspora, étudiants, cadres, entrepreneurs, et sur ses aspirations.

Le SG du RND a souhaité associer plus étroitement les Algériens de l’étranger au processus de développement national, évoquant leur participation aux grandes échéances politiques à venir. En ce sens, il a en effet insisté sur l’ambition de sa formation politique de hisser la place de notre communauté établie à l’étranger au rang « de maillon essentiel de la construction nationale », a-t-il insisté, préconisant, en la matière, une série de mécanismes concrets. Aux portes du désert algérien, plus précisément à Aflou, la présidente du parti TAJ, Fatma-Zohra Zerouati a assuré que son parti aborde la compétition législative « avec une volonté politique sans faille et un programme réaliste, taillé sur mesure pour répondre aux préoccupations des Algériens ». « Ni promesses creuses ni posture », a-t-elle dit, appelant à investir dans la jeunesse et les « cerveaux créatifs ». S’exprimant lors des regroupements de ses militants, elle a insisté sur l’importance majeure que revêtent les prochaines élections législatives qu’elle a qualifié de « station essentielle pour approfondir le cheminement démocratique du pays, à travers des institutions fortes et légitimes ».

De son côté, le Front des Forces Socialistes (FFS) a choisi la proximité militante. Ce samedi, à TiziGheniff, dans la wilaya de Tizi- Ouzou, et dans la localité de Seddouk, à Bejaïa, le premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, a appelé à faire du scrutin « un levier de changement démocratique ». «

La participation aux échéances électorales, pour nous, n’est ni une procédure formelle ni un calcul politicien, c’est un acte militant, un engagement conscient qui vise à faire avancer le processus démocratique », a-t-il insisté. Aouchiche a positionné son parti comme « une force centrale de l’opposition nationale démocratique, progressiste et moderniste », mais aussi comme « une force de proposition sérieuse et constructive, capable d’incarner l’alternance ». Il a ainsi plaidé pour la construction d’un « nouveau contrat politique et social » fondé sur la confiance et la souveraineté populaire.

Ainsi, en prévision des prochaines législatives, le paysage politique national offre un contraste saisissant. Entre la confiance « conquérante » du FLN, le travail en réseau du RND auprès de la diaspora, l’ambition programmatique de TAJ, et l’offensive militante du FFS, reste à savoir quelle musique saura convaincre les électeurs.
Une chose est sûre : l’effervescence, elle, ne faiblit pas.

K. A.

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