Après le RCD, la veille, c’est au tour de Jil Jadid de faire part, hier, de sa volonté de participer aux prochaines échéances électorales, les législatives et les locales, prévues avant la fin du deuxième trimestre de 2026.
L’annonce a été faite à l’issue des travaux de la 29e session ordinaire du conseil national, tenus à la suite du Congrès extraordinaire du 6 décembre dernier, qui s’est soldé par l’élection d’une nouvelle direction. Le parti que préside désormais le Dr Amokrane Lakhdar a décidé de ce «choix de principe» de participer aux élections, se disant convaincu que l’action politique pacifique et organisée demeure un «outil essentiel» du changement démocratique et de la construction de l’État de droit. Toutefois, il faut dire que cette annonce ne constitue pas une surprise dans la mesure où le successeur de Soufiane Djilali avait déjà annoncé la couleur, juste après son élection, lorsqu’il avait appelé ses cadres et ses militants à se préparer aux rendez-vous électoraux de 2026. Jil Jadid souhaite, à cet effet, la révision, dans «les plus brefs délais», de la loi électorale, ainsi que des prérogatives et de la composition de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Aussi, il a insisté longuement sur le dialogue qui doit associer «l’ensemble» des forces politiques, sociales et syndicales, ainsi que les composantes de la société civile, et considéé cette voie comme étant la «seule» à même de «renforcer» la légitimité des institutions et de «jeter les bases» d’un développement «durable», «juste» et «souverain». Jil Jadid a salué, par ailleurs, certains aspects positifs de l’action gouvernementale, notamment en ce qui concerne la préservation de la stabilité du pays et la continuité des institutions de l’État, avant de tirer à boulets rouges sur le MAK et ses projets séparatistes, en condamnant avec «la plus grande fermeté» toute tentative visant à porter atteinte à l’unité du pays et à déstabiliser sa sécurité. Le parti a réaffirmé, à ce propos, que l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’État algérien constituent des constantes «non négociables» et «non susceptibles de compromis», et appelé le peuple algérien à «faire preuve de vigilance et de responsabilité» et à «faire échec» à toute entreprise susceptible de porter atteinte à la cohésion nationale ou de semer la discorde et la division.
«Nous sommes persuadés que le peuple algérien saura surmonter les défis actuels par la conscience collective, le dialogue responsable et la participation pacifique».
Après l’intention affichée par Jil Jadid de prendre part aux législatives de 2026, la classe politique sera donc «au grand complet» pour le prochain rendez-vous électoral, du moins les grands cadors y seront, chose qui ne s’est pas produite ces dernières années.
À titre d’exemple, le RCD, qui a annoncé officiellement, vendredi lors de la tenue de son Conseil national, sa participation aux prochaines législatives boude les urnes depuis 2017. «En étant une force d’opposition, mais aussi force de proposition, notre parti ne peut se contenter du retrait. Notre responsabilité historique est de porter la voix du changement là où se prennent es décisions», a déclaré le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie.
Atmane Mazouz a estimé, à ce sujet, que c’est dans un esprit de «responsabilité», de «vigilance» et de «combativité» que le RCD doit aborder la question électorale, «non comme une illusion», mais comme un «terrain de lutte» parmi d’autres, au service du peuple.
Pour la formation politique, cette décision de participer aux élections signifie «investir le terrain politique» pour porter les revendications populaires et défendre les libertés et la souveraineté du citoyen.
Profitant de cette opportunité, le RCD s’est démarquée du MAK et de son «projet de sécession» et a assuré que la Kabylie est une «composante historique, culturelle et politique essentielle de l’Algérie», affirmant qu’elle «n’a jamais été» et «ne sera jamais» un «corps étranger» à la nation.
«Elle a été de tous les combats décisifs : contre la colonisation, pour la liberté, pour la République, pour la démocratie et pour la reconnaissance de toutes les dimensions de notre identité nationale», a rappelé le parti.
Et de prévenir : «Le RCD rejette fermement toute démarche unilatérale, régionale ou aventureuse visant à fragmenter le pays. Non seulement parce qu’elle est politiquement irresponsable, mais surtout parce qu’elle est objectivement contre-productive.»
S. A. M.