Partageant son expertise pour une Afrique numérique : L’Algérie comme locomotive continentale

Ph. : B. K.
Ph. : B. K.

Les efforts de l’Algérie en matière d’encouragement et de promotion des technologies et de l’innovation sont indéniables. Ils ont débouché sur la création de milliers de start-up, l’élargissement de la numérisation, le lancement de satellites de télécommunication, ainsi que le développement des recherches dans les domaines de la technologie. Un cap sur la modernité qui doit inspirer l’Afrique.

Tabler sur les sciences et les connaissances. Tel a été le leitmotiv du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dès son accession à la magistrature suprême. Il s’agit d’un des marqueurs de son premier mandat et du second en cours. Cette option s’est concrétisée par des actions fortes sur le terrain, à commencer par la création d’un ministère de l’Economie des connaissances et des Start-up, une première en Algérie, ainsi que par le lancement de nombreuses start-up par de jeunes diplômés avides d’exprimer leurs multiples talents. Plus même : à l’occasion de l’inauguration de la 55e Foire internationale d’Alger, le président de la République s’était engagé à envoyer à l’étranger des dirigeants de 450 start-up spécialisées dans les technologies pour se former dans des pays avancés. Cet engagement s’est concrétisé quelques mois plus tard, plus exactement l’été dernier, lorsque des groupes de gérants de start-up ont effectué des visites d’études aux Etats-Unis d’Amérique, en Chine et en République de Corée (Corée du Sud), soit trois des pays leaders en matière de start-up et d’innovation. Ce programme, supervisé par le ministère de l’Economie de la Connaissance, des Start-up et des Microentreprises, a permis à ces entrepreneurs de découvrir, pendant deux semaines, des expériences internationales réussies et des modèles avancés de développement de projets et d’interagir directement avec des leaders de l’innovation. En décembre 2024, à l’occasion de l’inauguration de la 32e Foire de la production nationale, le président de la République a maintenu le cap : «Je crois en les start-up car elles représentent l’avenir du pays. Nous avons atteint 9.000 start-up et je m’engage à atteindre 20.000. L’Algérien est créatif et s’impose partout où il va.» Il a invité les grandes sociétés algériennes à soutenir les start-up en finançant leurs projets et recherches, qui étaient auparavant soutenus financièrement par l’Etat essentiellement, affirmant que «le véritable investissement réside dans le savoir». Une année plus tard, en décembre 2025, à l’occasion de l’inauguration de la 33e Foire de la production nationale, le président de la République a croisé une start-up de Sidi Bel-Abbès qui produit une centaine de motos par mois avec un taux d’intégration de 70 %, ce qui lui a fait dire : «Il faut être ambitieux. Ce taux d’intégration est déjà élevé en mécanique. Notre vision concernant les start-up était donc correcte.» Et d’ajouter, non sans fierté : «Notre pays peut se développer car nos jeunes sont très créatifs et ils ne rêvent pas, ils concrétisent.» Le développement des technologies a bénéficié de la même approche audacieuse. Outre l’ouverture de plusieurs écoles spécialisées, dont une dans l’intelligence artificielle, des passerelles ont été créées entre les écoles et instituts de technologie d’une part et le monde du travail, d’autre part, dans une démarche visant à pousser le monde universitaire au-delà de la simple fonction pédagogique de fabrication de diplômés pour le mettre au cœur de la recherche scientifique et de l’innovation. D’ailleurs, des étudiants ont même obtenu des récompenses lors de concours internationaux, notamment dans les mathématiques. Ce cap mis sur l’innovation s’est concrétisé par la conception et la commercialisation du bracelet médical ID VITAL. Les télécommunications ont aussi connu un essor important, avec notamment l’acquisition et le lancement de deux nouveaux satellites, Alsat-3A et Alsat-3B, qui font de l’Algérie l’un des pays africains possédant le plus de satellites en orbite. A cela s’ajoute le défi numérique. Dans une politique visant à numériser la vie publique et l’économie algérienne, l’utilisation de la fibre optique gagne de plus en plus de terrain et de foyers, sans oublier le lancement de la 5G par les opérateurs de téléphonie mobile, offrant aux citoyens les moyens de recourir au commerce électronique et au paiement à distance, sans compter les multiples démarches administratives qui sont désormais accessibles d’un simple clic. Il s’agit d’un défi colossal que l’Algérie veut voir l’Afrique entière relever et elle y contribue de manière concrète avec le projet de la Dorsale transsaharienne à fibre optique qui offre à 5 pays du Sahel (Niger, Nigeria, Mauritanie, Tchad et Mali) la possibilité de bénéficier de l’internet à très haut débit. En véritable locomotive, et après la Conférence africaine des start-up, il y a quelques mois, l’Algérie abrite le Global Africa Tech 2026. En pleine mue technologique interne, elle compte en faire bénéficier tout le continent.

F. A.

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