Mécanismes de régulation du marché : la FAC propose une refonte durable

Ph. T. Rouabah
Ph. T. Rouabah

À la veille du mois sacré du Ramadhan, période marquée par une forte pression sur la demande et des tensions récurrentes sur les prix, la Fédération algérienne des consommateurs (FAC) a présenté une série de propositions visant à renforcer la transparence et la régulation du marché. Invité du Forum du quotidien El Moudjahid, son président, Zaki Hariz, a exposé une vision axée sur des réformes structurelles destinées à protéger durablement le pouvoir d’achat. Parmi les mesures phares avancées figure la création de centres de tri des fruits et légumes.

Ces structures permettraient, selon lui, d’assurer une meilleure traçabilité des produits agricoles, depuis leur sortie des exploitations jusqu’aux marchés de détail. L’objectif est double, garantir la qualité sanitaire des produits et lutter contre les pratiques spéculatives liées à la multiplicité des intermédiaires. Une meilleure organisation des circuits de distribution contribuerait ainsi à stabiliser les prix, notamment durant les périodes de forte consommation comme le Ramadhan. Autre proposition stratégique, la création d’un Institut national de la consommation.

Cette instance aurait pour mission de fournir des données fiables et des analyses économiques permettant d’éclairer la prise de décision des pouvoirs publics et des opérateurs économiques. Elle servirait également d’outil d’accompagnement pour les agriculteurs, en les orientant sur les tendances du marché, les besoins en production et les mécanismes de valorisation. Selon la FAC, une telle structure renforcerait la planification et réduirait les déséquilibres saisonniers entre l’offre et la demande.

Dans un contexte de développement rapide du commerce en ligne, la Fédération propose la mise en place de brigades de suivi du commerce numérique, opérationnelles 24 h/24.

Ces brigades auraient pour mission de surveiller les transactions électroniques, de lutter contre les pratiques frauduleuses et d’assurer la protection du consommateur dans l’espace digital, particulièrement durant les périodes de forte activité commerciale. Enfin, Hariz a insisté sur la nécessité de renforcer les bureaux d’hygiène communaux. Ces structures jouent un rôle clé dans le contrôle sanitaire des produits alimentaires. Leur dotation en moyens humains et matériels supplémentaires permettrait d’améliorer la qualité des inspections et de prévenir les risques liés à la consommation, notamment durant le Ramadhan où les volumes échangés augmentent considérablement.

À travers ces propositions, la Fédération algérienne des consommateurs plaide pour une approche préventive et structurelle plutôt que conjoncturelle. Pour son président, la stabilité du marché à la veille du Ramadhan ne peut reposer uniquement sur des opérations de contrôle ponctuelles, mais nécessite une modernisation des circuits, une meilleure gouvernance et une coordination renforcée entre les différents acteurs économiques. Ramadhan, conclut-il, doit être un moment de solidarité et de sérénité, non une période d’inquiétude face à la flambée des prix. Les réformes proposées visent ainsi à instaurer un marché plus transparent, mieux organisé et durablement équilibré.

Farida L.

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