La diplomatie algérienne s’impose sur tous les fronts. «Elle se déploie dans tous les domaines, notamment dans la sécurité et la paix, outre les domaines de résolution des conflits et de réconciliation nationale, mais elle se déploie également et surtout en faveur des droits des femmes, de leur promotion et la réponse aux droits des citoyens.»
C’est ce qu’a indiqué, hier à Alger, la représentante du ministère des Affaires étrangères (MAE), Ahlam Sara Charikhi, dans son intervention à «l’atelier de restitution du Side Event relatif à la CSW 70, tenu le 12 mars à New York», portant sur «Justice et femmes en Algérie : de la parité à la promotion du leadership». Cet atelier a été organisé par le ministère de la Justice et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Algérie. Ont pris part à cet évènement, des représentants des ministères de la Justice, des Affaires étrangères, de hauts responsables du PNUD et des Nations unies, ainsi que le SG du CJCA et des experts de la recherche dédiée à l’Afrique. Selon le PNUD, l’organisation de cet atelier vise à «partager les principaux messages et enseignements issus de l’événement international, d’informer les parties prenantes nationales et de renforcer la coordination autour des prochaines étapes du projet de promotion de leadership des femmes magistrates en Algérie». La représentante du MAE, Mme Charikhi, sous directrice du développement sociale, a indiqué, dans son allocution à l’ouverture des travaux, que le «Side Event» qui s’est tenu au siège des Nations unies à New York, le 12 mars dernier en marge de la 70e session de la Commission de la condition de la femme, sous le thème «Justice et femmes en Algérie : de la parité à la promotion de leadership», a porté haut la voix de l’Algérie au niveau international. Il a également permis de «présenter devant le monde les efforts du ministère de la Justice dans le développement de la carrière des femmes magistrates en Algérie», a-t-elle assuré. L’évènement organisé représente «un exemple sur la qualité de la coopération bilatérale qui se consolide, de jour en jour, avec le PNUD», a estimé Mme Charikhi. La responsable a salué, par la même occasion, les efforts du ministère de la Justice, «qui s’est montré un partenaire d’exécution important de cet évènement, permettant de porter la voix de l’Algérie et de mettre en lumière les efforts pour renforcer la présence et le leadership des femmes magistrates». En sa qualité de représentante du MAE, la responsable a relevé «l’importance de ce projet, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des engagements internationaux de l’Algérie dans le cadre de la promotion des droits des femmes et de leur accès à la justice, mais également la promotion et le respect des droits de l’homme». Elle a ajouté que «cet événement nous permet de montrer au monde que nous sommes un pays qui tient à ses engagements en matière des droits de l’homme et les appliquent au quotidien, et qui fait aussi confiance à ses femmes magistrates». S’agissant de l’atelier de restitution, Mme Charikhi a présenté trois points principaux. Il s’agit, en premier, de l’objectif de l’évènement, qui «est de montrer aux représentants de 120 pays un exemple concret. Un projet né d’une étude comparative menée dans 14 pays africains et qui a montré que l’Algérie avait énormément de potentiels d’accès à la justice, mais aussi relèvedes défis. L’Algérie n’a pas peur de faire face à ses défis et de les relever», a-t-elle affirmé. Cette étude a permis de relever le défi par le ministère de la Justice à travers ce projet, a expliqué la responsable. Elle a réitéré l’engagement de l’Algérie : «Nous sommes fiers et nous continuerons à le faire», a-elle conclu.
N. B.
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Ahmed Amine Boughaba, DRH au ministère de la Justice :
«Des magistrates occupent des postes de responsabilité»
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De son côté, le directeur des ressources humaines au ministère de la Justice, Ahmed Amine Boughaba, a souligné, dans son intervention, que le renforcement de la présence et du leadership des femmes magistrates «constitue un engagement central de l’Algérie, à travers l’adaptation de la législation nationale à la Constitution et aux engagements internationaux». Il a relevé «une présence qualificative» des femmes juges au niveau des juridictions spécialisées, notamment au niveau des tribunaux administratifs et des tribunaux commerciaux spécialisés. Aussi, des magistrates occupent des postes de responsabilité au niveau des institutions de l’État. Boughaba a évoqué le plan d’action du ministère de la Justice, qui se repose essentiellement sur la formation de base , la formation continue et la formation spécialisée, à travers des sessions à l’intérieur du pays et à l’étranger, «afin de renforcer les capacités des femmes magistrates pour consolider son indépendance et ses compétences, à la hauteur de leurs missions».
N. B.
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La Représentante Résidente du PNUD en Algérie :
Un constat positif établi
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Dans son allocution, la Représentante résidente du PNUD en Algérie, Natasha Van Rijn, a souligné que cette expérience a été plus que positive dans la mesure où elle a adressé un constat sur les progrès de l’Algérie dans la promotion de l’égalité des femmes dans le système judiciaire. Elle a salué le ministère de la Justice pour «le partenariat avec le PNUD-Algérie», précisant qu’il s’agit d’une des premières expériences avec les institutions arabes dans cet exercice. Mme Van RIJN a mis en exergue les avancées de l’Algérie, notamment dans le domaine de la promotion des droits de la femme. «Le gouvernement algérien a validé l’autonomisation des femmes, à travers des réformes constitutionnelles qui éliminent les discriminations, notamment en matière d’accès à l’éducation, à l’emploi et à la participation politique. «Les femmes algériennes bénéficient du plus haut niveau de représentation au sein du gouvernement», a-t-elle relevé. De même pour le secteur de la Justice, mettant l’accent sur une coopération solide, une disponibilité constante et des échanges fructueux. Cela s’est soldé par l’adoption d’un comité d’égalité entre hommes et femmes de l’initiative «Gender Equality Seal» au sein du ministère de la Justice, qui constitue, selon elle, «une action phare» du PNUD. La concrétisation de ce travail en Algérie constituera «une avancée majeure dans le processus de certification, puisque le ministère de la Justice sera l’un des premiers ministères certifiés dans la région arabe», a indiqué la responsable. Elle a fait remarquer, que «nous évoluons aujourd’hui dans un contexte mondial marqué par un déclin de la confiance envers les institutions publiques. L’intégration d’égalité des sexes n’est pas une question de droit, mais renforce la performance institutionnelle, la qualité des services, la confiance du public en les institutions et la transparence», a-t-elle assuré.
N. B.
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Héroïnes de l’alimentation en Algérie :
L’hommage de la FAO
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Dans son intervention, Othmane Ahmed Mohamed Salek, représentant du Coordinateur résident des Nations unies à Alger, a tenu à «valoriser les avancées de l’Algérie en la matière», soulignant «le rôle central que joue l’Algérie, tant au niveau de la région arabe qu’à celui du continent africain». Il a évoqué le document publié, à l’occasion de la Journée mondiale des droits des femmes et de l’Année internationale des agricultrices 2026, par la FAO. La publication Voix de Femmes - Héroïnes de l’Alimentation en Algérie constitue un hommage aux femmes talentueuses dans le secteur agricole et agroalimentaire.
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La directrice nationale du projet :
«Plus de 49% des juges sont des femmes»
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La directrice nationale du projet, Isma Aissiou, magistrate, a présenté le projet signé entre le ministère de la Justice et le Programme des Nations unies pour le développement en Algérie. Ce projet intervient dans le cadre d’un programme global dédié à la femme au sein du système judiciaire. La 2e phase a été signée en avril 2025, pour la période 2025/2029, d’une valeur de 2 millions de dollars, au profit des magistrates et élèves magistrates. Mme Aissiou a présenté des chiffres qui illustrent les avancées de l’Algérie en la matière. Le nombre total de magistrats est de 5.959, dont 2.933 femmes, soit 49.22%. Les femmes juges représentent 55.06% des magistrats au Conseil d’État,60.03% aux cours et tribunaux, et 61.06% au niveau de l’administration centrale.
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Le SG de la CJCA :
«Mme Aslaoui, l’exemple de l’engagement de l’Algérie»
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Le SG de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines (CJCA), Moussa Laraba, a mis en exergue les grandes avancées de l’Algérie, signalant la nomination d’une femme à la tête de la Cour constitutionnelle, en l’occurrence Mme Leila Aslaoui, présidente de la plus haute juridiction. De même pour l’Afrique, rappelant la nomination de 2 femmes ministres de la Justice, M. Laraba a mis en exergue l’organisation, à Libreville au Gabon, de la première rencontre des femmes africaines juges, sous le thème «La présence des femmes africaines dans la magistrature : bilan et perspectives», qui s’est soldée par l’adoption de la «Déclaration de Libreville», qui définit une stratégie visant à vaincre les discriminations fondées sur le sexe et identifie les actions à développer pour promouvoir le rôle des femmes dans le système judiciaire africain. Il a annoncé, en ce sens, l’organisation de la 2e édition, le 20 avril prochain, en Afrique du Sud. «Elle sera marquée par la présence de pas moins de 40 pays africains. Le CJCA a reçu le soutien financier du gouvernement algérien», fait-il savoir.
N. B.