Le Premier ministre de la République de Serbie, M. Duro Macut, a achevé hier sa visite de travail de deux jours, lors de laquelle il a été reçu en audience par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.
Le Premier ministre serbe a été salué à son départ à l’Aéroport international Houari-Boumediène par le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, accompagné de membres du Gouvernement, du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines, M. LounèsMagramane, et de l’ambassadeur d’Algérie auprès de la République de Serbie, M. Fatah Mahraz, a indiqué un communiqué des services du Premier ministre. Avant de quitter Alger pour regagner Belgrade, M. Macut a visité Djamaâ El-Djazaïr, cet imposant édifice cultuel et culturel au cœur de la capitale, où il a eu droit à des explications exhaustives sur ses différentes structures.
La visite du Premier ministre serbe en Algérie, qui revêtait une importance politique particulière, en ce sens qu’elle reflétait la volonté commune de promouvoir les relations entre les deux pays, a été couronnée par la signature de plusieurs accords de partenariat touchant à des secteurs multiples, tels que les finances, l’agriculture, la poste, le tourisme et la Culture. Lors de la cérémonie de signature qu’il a coprésidée avec son homologue serbe, le Premier-ministre, M. SifiGhrieb, s’est félicité du renforcement du cadre juridique bilatéral à travers ces accords, estimant que cela va contribuer à «insuffler une nouvelle dynamique à la coopération entre nos deux pays dans ces secteurs importants».
Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, M. Macut a assuré que l’objectif de sa visite en Algérie «est de réaffirmer et de renforcer les relations d’amitié de longue date avec de nouvelles visions», rappelant les liens solides entre les deux pays depuis l’indépendance de l’Algérie. M. Macut a fait part dans ce sillage de la volonté de son pays d’ «ouvrir de larges perspectives de coopération bilatérale». Le Premier ministre serbe a poursuivi son intervention en considérant que les accords signés lors de sa visite marquaient «le début d’une nouvelle ère dans les relations bilatérales».
Il a ainsi plaidé pour l’exploration des «importantes potentialités»à même de renforcer la coopération bilatérale dans divers secteurs, comme «les télécommunications, les échanges militaires, l’éducation, la recherche scientifique, la santé, le commerce, l’agriculture et l’énergie». Pour lui, cette visite «constitue un nouveau départ pour une amitié qui remonte à de nombreuses années et qui prospérera prochainement», estimant qu’à la lumière de ces éléments, les deux pays pourront «poursuivre les projets communs et examiner les nouvelles perspectives de coopération bilatérale appelée à s’intensifier dans la période à venir».
Une dynamique positive à saisir
De son côté, M. Sifi Ghrieb a appelé à saisir l’opportunité de cette visite pour «examiner les moyens de dynamiser les mécanismes de coopération» et d’«actualiser le cadre juridique qui les régit, en vue de concrétiser les différentes échéances à venir» et de «donner un nouvel élan à la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de l’agriculture, des transports, des ressources en eau, de l’enseignement supérieur, de la formation, du renforcement des capacités et de la culture».
Le Premier ministre a insisté sur l’impératif de conjuguer les efforts pour renforcer les échanges économiques et commerciaux qui demeurent, selon son constat, «modeste par rapport à leurs potentialités et capacités économiques, ainsi qu’aux opportunités de complémentarité et de partenariat qu’offrent les marchés des deux pays». «Ces opportunités doivent, a-t-il précisé, être exploitées de manière optimale afin de développer les échanges commerciaux et bâtir des partenariats mutuellement bénéfiques, notamment à la lumière des réformes économiques engagées par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui ont permis d’améliorer le climat des affaires et de stimuler l’investissement».
M. Ghrieb a invité les hommes d’affaires des deux pays à saisir «cette dynamique positive» caractérisant les relations algéro-serbes et exploiter les opportunités de coopération et de partenariat sur le marché algérien, afin de contribuer aux efforts communs pour renforcer la dimension économique et d’investissement de la coopération bilatérale. Le Premier ministre a insisté sur les avantages offerts par la position géographique de l’Algérie, ses infrastructures et son appartenance à plusieurs espaces de libre-échange.
Ainsi, l’Algérie et la Serbie affichent leur volonté de franchir un nouveau cap dans leur coopération économique, en misant sur des secteurs à forte valeur stratégique tels que les hydrocarbures, les mines et l’industrie.
Echange d’expertise et transfert technologique
C’est dans cet esprit que le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a reçu, en marge de cette visite, le ministre serbe chargé de la Coopération économique internationale et vice-président de la commission mixte algéro-serbe, Nenad Popovic, avec lequel il a examiné les voies et moyens de consolider et d’élargir la coopération bilatérale, notamment dans les secteurs des hydrocarbures, des mines et de l’investissement industriel. Cette rencontre s’est tenue en présence de la secrétaire d’État chargée des Mines, Karima Bakir Tafer, ainsi que de cadres des deux parties. Les discussions ont porté sur les perspectives de développement du partenariat dans les domaines du pétrole, du gaz naturel et des industries de transformation.
Elles ont également abordé les opportunités de coopération dans la numérisation, l’ingénierie et la fabrication d’équipements, ainsi que le renforcement des échanges commerciaux entre les entreprises des deux pays, en particulier dans la commercialisation du gaz. Les deux parties ont aussi examiné les possibilités de collaboration dans l’exploitation et la transformation des ressources minières en Algérie, ainsi que dans les études géologiques. Il s’agit également pour l’Algérie de tirer parti de l’expertise serbe, notamment dans l’industrie des engrais, ainsi que sur la promotion de l’échange d’expertises et le transfert de technologies modernes dans le secteur minier.
Au terme des discussions, les deux responsables ont réaffirmé leur engagement à insuffler une nouvelle dynamique au partenariat algéro-serbe, avec l’ambition d’en faire un axe de coopération économique solide, fondé sur le transfert de technologies, le partage d’expertises et l’investissement productif.
M. A. O.