Journée internationale des droits des femmes – Leïla Aslaoui adresse ses vœux : «L’Algérienne a su s’imposer»

La présidente de la Cour constitutionnelle a adressé, à l'occasion de la Journée internationale des droits femmes, ses vœux à la femme algérienne, qui «accomplit sa noble mission avec honneur et dévouement», indique un communiqué de la Cour.

Leïla Aslaoui a précisé que "la femme algérienne, à la lumière des libertés et des droits garantis par la Constitution de 2020, a su s'imposer au sein des institutions de l'Etat et dans tous les domaines, contribuant ainsi effectivement à façonner l'avenir du pays. Elle marche sur les traces de ses devancières, qui n'ont jamais attendu qu'on leur accorde leur place, mais l'ont conquise de haute lutte, génération après génération, à leur tête les valeureuses Chahidate et les braves Moudjahidate, qui ont porté l'étendard de la glorieuse Révolution de Libération et consenti d'immenses sacrifices pour la liberté et l'indépendance ». Et d’ajouter que « ces hauts faits resteront à jamais gravés dans la mémoire de la nation et continueront d'inspirer les générations futures ».

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Institutions, diplomatie et politique : les Algériennes se distinguent

La place de la femme algérienne dans la vie publique ne cesse de se consolider et ce n’est que simple justice. Ce constat est d’autant plus perceptible qu’elles occupent différents pan de la scène politique. Diplomate, ministre, élus locaux et responsable de parti, il faut dire que les réformes introduites par la Constitution de 2020 adoptée par voie référendaire ont permis de rendre effective la représentation des femmes dans la vie politique et particulièrement dans les assemblées élues locales, consacrant ainsi le principe de parité.

Dans son article 67, la loi fondamentale stipule que l’Etat encourage la promotion de la femme aux responsabilités dans les institutions et les administrations publiques. Les réformes ont donc porté leurs fruits et ce, compte tenu du fait que la représentation des femmes au niveau des Assemblées a connu une net amélioration. Dans ce sillage et à travers le nouveau code électoral, le principe de parité homme-femme a été décrété dans la composante des listes de candidature pour les listes législatives et locales.

Lors des élections locales de 2021, le nombre total de femmes a atteint 1.153 élues dont 1.015 au niveau des APC et 138 au niveau des APW. Il s’agit, selon de nombreux experts, d’une étape supplémentaire atteinte en matière d’autonomisation, de consécration de l’égalité des chances et des sexes. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis un point d’honneur à promouvoir la place de la femme au plus haut niveau. En effet, avec 9 femmes ministres sur 37 membres du gouvernement, la gente féminine représente 24% du gouvernement. La plus forte présence au sein de l’exécutif depuis l’indépendance.

En juillet 2025, le chef de l’Etat a nommé, une grande première, une femme à la tête de la Cour constitutionnelle en la personne de Leïla Aslaoui. Depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Tebboune n’a ménagé aucun effort pour renforcer la place de la femme à tous les niveaux et particulièrement en politique. La diplomatie n’est pas en reste de cette dynamique. Présentée par ses pairs comme une diplomate aguerrie, l'ambassadrice d’Algérie en Ethiopie, Selma Malika Haddadi, a obtenu, en 2025, le poste de vice-présidente de la Commission de l'UA.

S. K.

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Femmes et savoir : pilier de la modernisation sociale en Algérie

Depuis l’indépendance, l’Algérie a engagé une transformation profonde de son système éducatif, plaçant l’accès à l’instruction au cœur de la construction nationale. Dans ce processus historique, l’éducation des femmes s’est imposée comme l’un des piliers majeurs de la modernisation sociale, du progrès scientifique et de l’égalité des chances. Aujourd’hui, l’évolution de la scolarisation féminine, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur témoigne d’une dynamique remarquable qui fait de l’Algérie l’un des pays où les femmes occupent une place déterminante dans l’espace éducatif. Au lendemain de l’indépendance en 1962, la situation éducative était particulièrement fragile. La majorité des femmes algériennes ne savait ni lire ni écrire, conséquence directe de la marginalisation scolaire héritée de la période coloniale.

L’État algérien a alors engagé un vaste effort de démocratisation de l’enseignement, visant à garantir l’accès à l’école pour tous. Au fil des décennies, les résultats ont été significatifs. L’évolution la plus spectaculaire se manifeste dans l’enseignement supérieur. Les universités algériennes comptent aujourd’hui une majorité d’étudiantes, phénomène qui s’observe depuis plus d’une décennie. Selon différentes études, plus de 60 % des étudiants dans les universités algériennes sont des femmes, confirmant une tendance durable qui distingue l’Algérie dans l’espace régional. Le taux d’inscription des femmes dans l’enseignement supérieur reste particulièrement élevé.

Les étudiantes sont fortement présentes dans plusieurs domaines académiques, notamment les sciences humaines, le droit, la gestion et les disciplines médicales. Mais leur progression est également notable dans les filières scientifiques et technologiques. Ainsi, près de 41 % des diplômes dans les domaines STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont obtenus par des femmes, tandis que leur part atteint près de 48,5 % dans l’ingénierie, un niveau particulièrement élevé à l’échelle du monde arabe.

Cette présence importante dans les disciplines scientifiques traduit l’évolution des mentalités et l’ouverture progressive des carrières techniques aux femmes. Les femmes occupent désormais une place de plus en plus visible dans la production du savoir et la formation académique. Dans l’enseignement supérieur, les femmes représentent près de 46,5 % du corps enseignant universitaire.

Dans les centres de formation professionnelle également, les femmes sont de plus en plus nombreuses à suivre des parcours qualifiants. L’instruction des femmes dépasse aujourd’hui la simple dimension éducative : elle constitue un vecteur stratégique de développement humain et social. Les études internationales montrent que l’éducation des femmes contribue directement à l’amélioration de la santé familiale, à la réduction de la pauvreté et à la participation citoyenne.

K. H.

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