Documentaire de l’ANP sur le narcotrafic : Une menace transfrontalière sous haute surveillance

L’efficacité des Postes Avancés (PA) des Groupements de gardes-frontières (GGF) et la vigilance des garde-côtes, pour sécuriser les frontières et lutter contre les réseaux de trafic de drogue ont été mises en avant dans le documentaire de la Direction de l’information et de la communication de l’Etat-major de l’ANP, intitulé Guerre contre la drogue... L’Algérie au cœur de la bataille. Dans sa deuxième partie, le documentaire dresse un constat : le trafic de drogue «dépasse le cadre des opérations criminelles pour s’inscrire dans des plans ciblant l’Algérie». Il a mis à nu le mode opératoire des narcotrafiquants au niveau des frontières Ouest, des frontières Sud-Est ainsi que des frontières maritimes. Toutes nos frontières nationales sont ciblées.
Pour répondre à cette menace, le Haut commandement de l’ANP a pris des mesures exceptionnelles dont le déploiement de PA, des GGF au niveau des frontières, qui s’avèrent très efficaces permettant de resserrer l’étau sur les réseaux criminels. Le documentaire diffusé dans la soirée du vendredi sur la chaîne de la télévision publique et les plateformes du MDN, a démontré que les frontières maritimes nationales ne sont pas à l’abri de ce crime transfrontalier. Il a révélé des scènes réelles des opérations menées en mer par les garde-côtes, que les réseaux de trafic de résine de cannabis utilisaient des méthodes selon la quantité et la zone maritime ciblée. Il s’agit entre autres de transport de drogue à bord de vedettes rapides utilisées dans l’émigration clandestine. La drogue est ensuite transbordée sur des conteneurs de navires de marchandises en haute mer pour être acheminée vers les pays européens. «Tous les bateaux peuvent être suspects et font l’objet d’inspection de fouille minutieuse par les garde-côtes», précise-t-on. Il est nécessaire de contrôler les frontières maritimes et les navires de marchandises ainsi que les bateaux de complaisance. Le documentaire a dévoilé également un mode opératoire qui consiste au rattachement des sacs de drogue en une ceinture. Le trafiquant procède à l’évacuation de «cette ceinture» par nage jusqu’aux frontières nationales, profitant de l’obscurité et la difficulté de vision. Il est attendu par un bateau de pêche pour récupérer la cargaison. Plusieurs opérations ont été mises en échec dont l’opération menée par des détachements des garde-côtes d’El Ghazaouet suite à la localisation de deux bateaux suspects. Suite à une poursuite, les trafiquants ont tenté de couler la drogue en mer. Pour répondre à cette menace, le commandement des Forces navales a procédé au renforcement et l’adaptation de son dispositif de lutte contre le narcotrafic par voie maritime à travers l’intensification des patrouilles en mer jour et nuit, la coordination opérationnelle et la présence permanente avec un haut degré de vigilance. De même pour les frontières terrestres Ouest. Le Haut commandement de l’ANP a pris des mesures exceptionnelles, il s’agit notamment de la mise en place des Postes Avancés des Groupements des gardes-frontières. Des patrouilles mobiles et pédestres sont menées tout le long de la bande frontière. Outre le ratissage des vergers et les champs pour localiser d’éventuelles caches de haschisch marocain. Le documentaire a révélé le recours des réseaux de narcotrafic marocains à l’utilisation des drones ainsi que le recrutement des Hamalas (transporteurs de drogue) vers le territoire national via les frontières Ouest avec la complicité des postes de contrôle du Makhzen. La menace au niveau des frontières Sud-Est consiste au trafic de psychotropes notamment de type Prégabaline «dont la source et la composition sont inconnue». Le Haut commandement de l’ANP a mis en place un dispositif exceptionnel et adapté à ce crime transfrontalier. «Il se repose essentiellement sur le déploiement des unités opérationnelles, l’acquisition des moyens et équipements modernes et la coordination parfaite entre l’ANP et les différents services de sécurité». Selon le documentaire, les grandes saisies de psychotropes illustrent cet engagement et l’efficacité du dispositif de sécurisation des frontières et lutte contre le narcotrafic. Au niveau des frontières Sud-Est, des PA, des GGF ont été déployés en permanence sur la bande frontalière. La coordination avec les Unités opérationnelles des douanes a été mise en exergue permettant de resserrer l’étau sur les narcotrafiquants. Une coordination qui se poursuit dans les grandes villes par les unités spéciales de la Police et de la Gendarmerie nationale. Le détachement spécial d’intervention (DSI), force de frappe de la GN dans la lutte contre le crime organisé dont le narcotrafic jouit de haute compétence et doté de moyens modernes. La lutte contre le trafic de drogue ne se limite pas au volet opérationnel. L’Algérie a adopté une approche multidisciplinaire alliant lutte, prise en charge et suivi social. C’est dans ce sens, que la prise en charge des détenus toxicomanes est privilégiée. Le documentaire a fait état de l'immensité des frontières d’où la difficulté de les sécuriser totalement mais l’engagement, la prise de conscience des «protecteurs de la patrie» des menaces sont déterminants dans cette guerre.

N. B.

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