Capturés dans des opérations héroïques de l’ANP : des chefs terroristes du GIA et de l’AQMI à la barre

Des anciens chefs terroristes et vétérans de l’ancien groupe terroriste GIA, totalement anéanti, et de l’AQMI vont comparaître, à partir du mois d’avril, devant la chambre criminelle d’appel près la Cour d’Alger. Plusieurs procès sont programmés au cours de la 1re session criminelle ordinaire près la Cour d’appel d’Alger, qui s’ouvrira le 12 avril prochain. Selon le programme, dont El Moudjahid détient une copie, les procès de terrorisme concernent notamment des anciens chefs et vétérans du GIA.

Le «statut» des terroristes accusés renseigne sur les grandes avancées en matière de lutte antiterroriste ces dernières années. Le bilan opérationnel communiqué par le MDN sur la période 2022-2025 illustre les progrès en la matière. «Les données de terrain indiquent une érosion de la structure organisationnelle des groupes terroristes et un net recul de leur capacité d’initiative et d’action», explique la même source. Selon les chiffres, 14 terroristes ont été arrêtés en 2022 contre 8 autres en 2023 et 9 criminels capturés en 2024 contre 8 en 2025. Il s’agit de chefs vétérans, ce qui constitue «un indicateur révélateur de l’efficacité de l’approche menée par le haut commandement de l’ANP», ciblant les commanditaires et le noyau dur des groupes terroristes.

Pas de «relève» suite au net recul des capacités des résidus terroristes de recrutement. Les enquêtes judiciaires sont menées aujourd’hui par des juridictions spécialisées, en l’occurrence la section de lutte contre le terrorisme et le crime organisé transfrontalier près le tribunal de Sidi M’hamed. L’affaire phare durant cette session concerne le noyau de l’ancien GIA neutralisé en mars 2022 à Skikda à l’est du pays. Un coup de filet de l’ANP dans la lutte antiterroriste qui s’est soldé par l’arrestation de 7 terroristes. Lors de cette opération héroïque, selon le MDN, 8 pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov, des quantités considérables de munitions et d’autres effets ont également été récupérés.

Il s’agit de l’accusé principal Betayeb Youcef, dit «Oussama Abou Soufiane Nighassi», chef du groupe terroriste qui a rejoint les groupes terroristes en 2007. Lesslous Madani, dit «Cheikh Assim Abou Hayane» (mufti général des groupes terroristes), qui a rejoint les groupes terroristes en 1994. Lesslous est un vétéran du GIA, devenu l’adjoint de l’actuel chef de l’AQMI, Abou Obaida. A la suite de l’affiliation à l’AQMI, Madani Lesslous signera un attentat contre des ressortissants russes et ukrainiens travaillant sur un projet de gazoduc en mars 2007.

Parmi les terroristes poursuivis, figure également Belaoui Mohamed, dit «Zerkaoui Abou Oubaïda», qui a rejoint les groupes terroristes en 2007. Il activait dans la phalange d’El Arkam, dans la région centre du pays, et fut membre de la cellule des kidnappings dans la Kabylie. De même pour le terroriste Zemmouri Abdelhak dit «El Hadj», qui a rejoint les groupes terroristes en 2003. Il activait au sein de Seriat Zemmouri relevant de la phalange (Katibat) El Arkam responsable des attentats et des enlèvements dont l’assassinat du chef de la BMPJ de Zemmouri, le martyr Taha Touat.

Il s’agit aussi de l’accusé Zerrouk Belkacem, dit «Abou Anès», qui a rejoint les groupes terroristes en 2005, Ben Hmida Rachid dit «Houdaïfa», qui a rejoint les groupes terroristes en 1996, Djilali Abdelkader dit «Moussa», qui a rejoint les groupes terroristes en 2015. Parmi les accusés en détention, figurent des terroristes arrêtés dans le cadre des investigations poussées. Il s’agit d’Abdelmadjid Larit, Ahmed Litim, Reda Zaidi et Fateh Kenjouj. Six autres accusés en liberté, sont poursuivis dans cette affaire pour des délits notamment infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger.

Ce groupe criminel semait la terreur pendant des années. Aussi, les accusés Mohamed Azzouz Benhalima et Abdallah Mohamed comparaîtront de nouveau devant la barre le 12 avril prochain dans l’affaire dite «Pion-Pion» avec 13 autres personnes, dont quatre sont en détention et sept en liberté, parmi lesquelles deux femmes, pour plusieurs chefs d’accusation, dont adhésion à un groupe subversif ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale. Ils sont poursuivis avec 11 co-accusés en liberté parmi eux deux femmes. Un autre groupe terroriste comparaîtra devant la chambre criminelle d’appel le 14 avril prochain. Ce groupe terroriste, composé de 5 membres, était dirigé par le chef criminel de l’AQMI, Abdelmalek Droukdel abattu.

Il s’agit des terroristes Ali A., Kamel R., Salem A. S., Abdelkrim B. et Mohamed B. Kh. Au mois de mai, un autre groupe terroriste de 9 membres dirigé par Ahmed Dif Allah sera jugé. Il est poursuivi avec d’autres terroristes dont le chef de la phalange El Ansar affiliée à l’AQMI, Ali Ben Touati. La chambre criminelle d’appel va également examiner, le 13 avril prochain, l’affaire du baron de la drogue, Oussama Haniche, évadé de l’établissement pénitentiaire d’El Harrach, où il purgeait une peine pour «association de malfaiteurs» et «trafic et importation de drogue» et «trafic d’armes».

Dans cette affaire, 11 accusés sont poursuivis dont 3 en détention en l’occurrence Oussama Haniche, Abdelkrim Dj et Yacine CH. L’ancien chef du GIA, Abdelhak Layaida, va comparaître le 5 mai prochain devant la chambre criminelle d’appel avec des membres de sa famille pour «enlèvement et séquestration d’une personne sans autorisation des autorités compétentes, torture» dont a été victime, un citoyen résidant à Baraki.

N. B.

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