64e anniversaire de la Fête de la Victoire : la mémoire d’un peuple victorieux

L'Algérie victorieuse d'aujourd'hui est celle qui, forte de ses succès internes, rayonne avec confiance et fierté sur la scène mondiale. Son respect, elle le doit aussi à la constance de ses choix et à la fermeté de ses principes de souveraineté.

L’Algérie commémore, aujourd'hui, le 64e anniversaire de la fête de la Victoire, célébré le 19 mars de chaque année, en référence à l'un des tournants décisifs de son histoire, celui de la signature des accords d'Évian qui ont ouvert la voie à la proclamation de la souveraineté nationale. C'était le 19 mars 1962, une date historique qui représente non seulement la fin de la lutte armée, mais également l'aboutissement des objectifs de la Déclaration du 1er Novembre 1954, dans sa consécration à la paix et à la négociation, dans le respect de la volonté du peuple algérien. Une date qui a sonné le glas de l'injustice et de la barbarie coloniales, mettant ainsi un terme à plus de sept années de lutte armée contre l'une des machines de guerre les plus puissantes de son époque, et consacrant le triomphe des sacrifices incommensurables du peuple algérien.

Cette commémoration intervient dans un contexte où l'engagement ferme, absolu et catégorique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur le dossier mémoriel, demeure plus que jamais au cœur des priorités nationales, affirmant que ce sujet ne saurait faire l'objet de concessions ni de compromis. Dans cette dynamique, les travaux d'une commission spécialisée, instituée pour répertorier l'ensemble des actes génocidaires et mémoricidaires commis par le colonisateur français depuis l'invasion de 1832, ont abouti à l'élaboration d'un guide exhaustif des crimes coloniaux.

Ces travaux minutieux, fondés sur des archives et des données historiques vérifiées, ont servi d'ailleurs de plateforme essentielle pour l'édification de la loi criminalisant le colonialisme, une avancée majeure qui permet désormais de condamner pénalement toute glorification de la colonisation et d'inscrire dans le marbre la reconnaissance des atrocités commises. La célébration de la fête de la Victoire pourrait ainsi s'inscrire pleinement dans ce cadre, sous le signe de l'exigence impérative de la restitution de l'ensemble des archives et des biens culturels spoliés durant la période coloniale. Sur ce plan, la voix de la France a également résonné à Alger avec force, à travers Ségolène Royal, présidente de l'Association France-Algérie, qui a soutenu sans ambiguïté cette revendication légitime, lors de son audience avec le Président Tebboune. Elle a fermement plaidé pour la restitution des objets de l'émir Abdelkader, des ossements des martyrs conservés au Musée de l'Homme, des archives d'Aix-en-Provence, et du canon Baba Merzoug, considérant qu'il s'agit là du premier geste que la France se doit d'accomplir, pour reconnaître la vérité de l'histoire et permettre d'apaiser les mémoires.

Sur un autre volet, la fête de la Victoire est cependant empreinte, cette année, d'une émotion particulière, alors que l'association des Amis de la Révolution algérienne vient d'être frappée par la disparition de son président, Noureddine Djoudi, éminent diplomate et fidèle ambassadeur aux principes intrinsèques de la diplomatie révolutionnaire. En cette journée de recueillement et de fierté nationaux, un hommage subtil, mais profond devrait être rendu à tous ces amis de la Révolution algérienne, à tous ceux qui, par leur fidélité à leur conscience, ont œuvré sans relâche pour le triomphe de la cause nationale.

L'Algérie nouvelle, puisant sa force des principes de cette diplomatie révolutionnaire, poursuit sa marche en avant, fidèle au message des chouhada et résolument tournée vers l'avenir, pour la préservation de sa mémoire et la défense de sa souveraineté. Le 64e anniversaire de la fête de la victoire intervient aussi dans une phase particulièrement faste pour l'Algérie, marquée par une dynamique de réalisations et d'exploits multiples qui redessinent son paysage interne et confortent son positionnement aux échelons régional et international. Cette période faste est avant tout le fruit d'une vision stratégique claire, impulsée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a fait du redressement économique et de la souveraineté nationale, les piliers de son action.

K. A.

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Tacherift rend hommage aux chouhada et aux moudjahidine

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift, a souligné que l'anniversaire de la fête de la Victoire, célébrée le 19 mars, constitue une occasion de glorifier et de rappeler les sacrifices des valeureux chouhada et des moudjahidine, dans le cadre de la marche de l’Algérie nouvelle vers la concrétisation du message de Novembre. Dans une déclaration à l’APS, à la veille du 64e anniversaire de la fête de la Victoire, Tacherift a précisé que la célébration de la fête de la Victoire représente «un symbole historique décisif, qui incarne le cessez-le-feu et l’entrée en vigueur des accords d’Evian, mettant fin ainsi à un siècle et trois décennies de colonisation française». Et d'ajouter que cette date symbolise «la victoire de la volonté populaire et de la lutte armée, l’aube de l’indépendance et le recouvrement de la souveraineté nationale», de même qu'elle constitue «une occasion de glorifier et de rappeler les sacrifices des chouhada et des moudjahidine, et d’ancrer les valeurs du patriotisme et de fidélité à la mémoire historique chez les nouvelles générations, pour affirmer l’importance de préserver les acquis de l’indépendance et de construire l’avenir du pays».

À ce propos, Tacherift a estimé que le 19 mars 1962 est aussi une occasion «où le peuple algérien puise force et détermination pour faire face aux séquelles d’une destruction massive et d’une dévastation totale témoignant des crimes odieux de la colonisation, crimes qui resteront à jamais dans les mémoires et demeureront imprescriptibles», insistant sur la nécessité de «faire avancer l’Algérie nouvelle vers les objectifs fixés dans le message de Novembre, en vue de renforcer la souveraineté nationale et l’indépendance de la décision nationale». Le ministre a mis l'accent sur «l'intérêt particulier que porte le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, au dossier de la mémoire nationale et à l'importance de le traiter de manière objective et audacieuse», soulignant que l'Algérie «n'acceptera nullement que ce dossier soit relégué à l'oubli ou au déni».

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Le socle d’une souveraineté

Le 19 mars ne relève pas d’une simple commémoration inscrite dans le calendrier national, il constitue une étape fondatrice dans l’histoire contemporaine de l’Algérie, marquant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu consécutif aux Accords d’Évian du 18 mars 1962, après plus de sept années d’une guerre de Libération d’une intensité exceptionnelle. Ce moment, qui scelle la fin officielle de 132 années de domination coloniale, ne saurait être réduit à une séquence diplomatique, il incarne l’aboutissement d’un long processus insurrectionnel porté par le peuple algérien, au prix de sacrifices humains et matériels considérables.

Dans sa profondeur historique, le 19 mars consacre, ainsi, le passage d’une lutte existentielle à une dynamique de reconstruction nationale. Il symbolise la victoire d’un projet politique fondé sur la souveraineté, mais également la reconnaissance, par le fait accompli, d’un droit inaliénable à l’autodétermination. Aujourd’hui, cette date s’inscrit dans une nouvelle approche de la mémoire qui exige la reconnaissance des crimes commis par la France coloniale en Algérie. De ce fait, l’État algérien a engagé, ces dernières années, une véritable politique de consolidation mémorielle, érigée en axe stratégique de la souveraineté nationale. À cet égard, l’attention particulière accordée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la question de la mémoire historique, s’est traduite par une série d’initiatives structurantes, visant à réhabiliter les vérités historiques et à inscrire la mémoire collective dans une perspective institutionnelle durable. Cette orientation se reflète, notamment, dans la relance du débat sur la criminalisation de la colonisation française, considérée comme une étape importante dans la reconnaissance des crimes liés à cette période. En effet, la colonisation de l’Algérie, amorcée en 1830, s’est traduite par un système marqué par des violences répétées, des expropriations massives, des déplacements de populations et de lourdes pertes humaines. À cela se sont ajoutés des bouleversements profonds des structures sociales, économiques et culturelles du pays.

Ces réalités, longtemps débattues, continuent aujourd’hui d’alimenter les réflexions historiques et politiques. Dans ce contexte, l’inscription de cette mémoire dans un cadre officiel répond à un double objectif : reconnaître les faits dans leur vérité et consolider les fondements de la souveraineté nationale. Dans cette continuité, la commémoration du 19 mars prend une dimension nouvelle, outre de rappeler la victoire d’hier, et un levier pour préserver les acquis de l’indépendance.

Cette orientation s’inscrit également dans une dynamique plus large, en lien avec d’autres dates majeures, comme la Journée nationale de la Mémoire, consacrée aux massacres du 8 mai 1945, qui contribue à renforcer la conscience historique collective. Dans cette perspective, le 19 mars s’impose comme un repère structurant dans la construction du récit national.

K. H.

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