Le Maroc aura tout perdu en quelques jours. D’abord une finale de CAN 2025 face au Sénégal. Puis, plus grave encore, le récit soigneusement construit d’un royaume moderne, stable et prêt à accueillir les plus grands événements sportifs de la planète. Un récit que la soirée chaotique de la finale continentale a fait voler en éclats.
Le 19 janvier, le monde du football s’est réveillé stupéfait. Ce qui devait être une vitrine s’est transformé en caricature. Images virales, séquences confuses, organisation défaillante, la finale de la CAN 2025 n’a pas seulement sacré un vainqueur, elle a exposé les failles d’un pays qui se rêvait hôte crédible de la Coupe du monde 2030. Depuis, l’événement est devenu un contre-exemple là où le Maroc espérait en faire un argument.
La défaite ne s’est pas jouée uniquement sur la pelouse. Elle s’est jouée dans les tribunes, dans la gestion des flux, dans l’incapacité à maîtriser un rendez-vous continental. En une soirée, le Maroc a fragilisé irrémédiablement sa candidature à l’accueil de la finale du Mondial 2030 qu’il convoitait dans le cadre du trio Espagne-Portugal-Maroc.
Le président de la Fédération espagnole de football, Rafael Louzán, n’a pas pris de gants. Pour lui, l’Espagne sera la «locomotive» du Mondial 2030, celui du centenaire, et la finale ne peut logiquement se dérouler ailleurs qu’à Madrid, au mythique Santiago-Bernabéu.
Et pour défendre la candidature de son pays, le patron du football espagnol a été sans pitié. «Les scènes observées lors de la CAN 2025 ternissent l’image du football.» Sous-entendu limpide, elles disqualifient un pays qui aspirait à l’apothéose du Mondial.
Le Maroc a voulu vendre une image avant de consolider la réalité. Il a privilégié la communication à l’éthique, le symbole à la maîtrise, l’enjeu au jeu. Pris à son propre piège, il aura misé gros et perdu gros.
Comme quoi dans le football comme ailleurs, les narratifs ne survivent jamais longtemps aux faits.
A. A. A.