Audiovisuel : l’ANIRA met en garde contre la diffusion de classements des œuvres artistiques sans outils de mesure agréés

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) a mis en garde, dans un communiqué rendu public ce mardi 10 mars, contre la diffusion de listes et de classements faisant la promotion de chaînes de télévision ou d’œuvres artistiques sous l’appellation «Les plus regardés», sans s’appuyer sur des outils de mesure agréés, affirmant qu’elle prendra les mesures réglementaires nécessaires à cet égard.

Ainsi, l’Autorité attire l’attention des différents acteurs du paysage médiatique et publicitaire sur un ensemble de pratiques susceptibles de porter atteinte à la transparence et à la crédibilité du secteur.

L’ANIRA relève donc «avec une vive inquiétude la multiplication de certains comportements consistant à gonfler artificiellement les indicateurs de suivi et d’interaction sur les plateformes numériques, notamment par l’achat d’abonnés ou le recours à ce que l’on appelle des «fermes à clics», afin de créer une impression trompeuse sur la taille réelle de l’audience», a ajouté la même source.

Selon l’Autorité, ces méthodes «ne constituent pas un simple procédé technique, mais s’inscrivent dans des pratiques susceptibles de nuire à la transparence du marché publicitaire et d’influencer directement les décisions des annonceurs, qui fondent leurs investissements sur des indicateurs inexacts», ce qui entraîne «un gaspillage de ressources financières et fragilise la confiance dans l’environnement médiatique».

Elle souligne également que «le gonflement des indicateurs d’interaction ou la présentation de données non fiables sur les taux d’audience peut relever de pratiques de publicité trompeuse, interdites par l’article 51 du cahier des charges, en raison de leur atteinte aux principes de concurrence loyale que l’Autorité s’emploie à protéger», a précisé le communiqué.

L’ANIRA précise en outre que, «faute d’une institution nationale spécialisée et agréée en matière de sondages et de mesure d’audience selon des normes scientifiques unifiées en Algérie, les résultats et données diffusés ne peuvent être considérés comme des références fiables», alors qu’ils sont souvent utilisés pour justifier l’augmentation des tarifs des espaces publicitaires ou pour exercer une pression commerciale injustifiée sur les annonceurs».

À ce titre, «l’Autorité rappelle à l’ensemble des opérateurs de services de communication audiovisuelle, y compris ceux actifs sur Internet, les dispositions de l’article 41 du décret exécutif num. 24-250, qui limitent l’annonce des taux d’audience ou d’écoute aux informations émanant d’institutions spécialisées et agréées», a encore indiqué la même source.

Pour finir, l’ANIRA affirme qu’elle «prendra, à la suite de ce communiqué, les mesures réglementaires nécessaires à l’encontre de toute infraction ou dépassement, que ce soit sur les écrans ou via les plateformes numériques relevant des opérateurs de services de communication audiovisuelle».

Sur le même thème

Multimedia