Recensement du cheptel camélidé à Ouargla : des contraintes logistiques

L’opération de recensement du cheptel camelin dans la wilaya d’Ouargla fait face à plusieurs défis logistiques liés au mode d’élevage pastoral fondé sur la transhumance, à l’immensité des étendues sahariennes et au manque d’outils de suivi précis. Dans ce contexte, les chiffres disponibles demeurent souvent estimatifs plutôt que strictement actualisés.

La direction des services agricoles de la wilaya mène périodiquement des campagnes de recensement afin d’actualiser les données et d’approcher les effectifs réels. Toutefois, la mobilité des éleveurs et de leurs troupeaux complique considérablement ce travail. Les dromadaires se déplacent entre plusieurs wilayas du Sud, notamment Touggourt, Illizi et In Salah, à la recherche de pâturages, ce qui rend leur dénombrement plus difficile. L’étendue des zones désertiques, en particulier dans les régions éloignées comme El Borma et Hassi Messaoud, ainsi que les conditions climatiques extrêmes, constituent également des obstacles pour les équipes de terrain. A cela s’ajoute l’absence de marquage systématique de l’ensemble des dromadaires, limitant les possibilités de suivi individuel. Malgré ces contraintes, ces opérations de recensement restent essentielles pour mieux organiser la filière cameline et accompagner les éleveurs dans le développement de cette activité traditionnelle. L’étendue des zones désertiques, en particulier dans les régions éloignées et accidentées telles que El Borma et Hassi Messaoud, rend difficile la couverture exhaustive des parcours pastoraux. A cela s’ajoutent les conditions climatiques rigoureuses, marquées par des températures extrêmement élevées en été, qui entravent la réalisation d’opérations de terrain régulières et précises. 

Absence d’un marquage généralisé

L’absence de marquage systématique de l’ensemble des têtes de dromadaires constitue également une contrainte majeure, limitant les possibilités de suivi individuel et renforçant la dépendance aux déclarations estimatives des éleveurs. Dans une optique d’organisation et de développement de la filière cameline, la direction des services agricoles mène des campagnes de recensement couvrant plusieurs communes, notamment Ouargla, Sidi Khouiled, N’Goussa et Hassi Messaoud afin d’actualiser les données et de mieux accompagner les éleveurs. Au niveau national, les statistiques font état d’une évolution positive du cheptel camelin, passé d’environ 160 000 têtes en 2008 à près de 183 000 têtes en 2019, témoignant d’un intérêt croissant pour cette filière à forte dimension économique et sociale dans les régions du Sud. La race rgueïbi ou (reguibi) demeure la plus répandue, suivie des races arabi et sahraoui, reconnues pour leur capacité d’adaptation aux conditions climatiques extrêmes et à la rareté des ressources hydriques et fourragères. Les statistiques indiquent que près de 56,48% des troupeaux comptent entre 21 et 80 têtes, confirmant la prédominance d’un élevage familial de taille moyenne.

Contraintes saisonnières et mesures d’organisation

Malgré son importance économique et sociale, la filière cameline demeure confrontée à des difficultés liées à la saisonnalité des pâturages et à l’augmentation du coût des aliments durant les périodes de sécheresse, impactant directement la productivité. Dans le cadre de l’organisation du secteur, les autorités locales ont recours à des mécanismes tels que le marquage (tatouage) pour identifier la propriété des animaux, assurer un meilleur suivi sanitaire et appuyer les programmes d’amélioration génétique. Malgré ces chiffres, le recensement du cheptel camelin à Ouargla demeure une opération complexe. Il fait face à d’importants défis logistiques et de terrain, liés au mode d’élevage pastoral fondé sur la transhumance, à l’immensité des étendues sahariennes ainsi qu’au manque d’outils de suivi précis. De ce fait, les chiffres disponibles restent souvent estimatifs plutôt que parfaitement actualisés.

C. G

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Lait de chamelle : L'or blanc du désert

Le lait de chamelle, surnommé «or blanc du désert», complète ce patrimoine. Riche en protéines, minéraux et vitamines, il possède des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et antibactériennes. Il est particulièrement recommandé aux personnes souffrant de diabète, de troubles immunitaires ou d’intolérance au lactose, et constitue une alternative nutritive au lait de vache. Ainsi, au-delà de la viande et du lait, le chameau offre des produits aux vertus thérapeutiques et nutritionnelles exceptionnelles faisant de l’élevage camelin un pilier, à la fois économique, et médical pour le Sud. Dans la région, des artisans se sont également lancés dans la fabrication du savon à la graisse de chameau (ou daroua), souvent combiné au lait de chamelle. Ce produit artisanal est réputé pour ses propriétés nourrissantes, cicatrisantes et hydratantes intenses. Riche en acides gras, la graisse de la bosse répare les peaux sèches ou abîmées et convient aux peaux sensibles, constituant un complément original et valorisant des produits camelins pour la cosmétique locale. Ces produits valorisent l’élevage camelinsien au-delà de l’élevage traditionnel, transformant le chameau en un véritable pilier économique et médical pour la région.

C. G

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Au bord des routes Une halte recherchée pour se désaltérer la filière cameline

L’immensité des zones pastorales, particulièrement dans les régions éloignées comme El Borma et Hassi Messaoud, rend difficile la couverture exhaustive des parcours. A cela s’ajoutent des températures extrêmement élevées durant la saison estivale, qui limitent la réalisation d’opérations de terrain régulières et précises. Le long de l’axe reliant, Touggourt à Ouargla, notamment le tronçon reliant Touggourt à El- Hadjira sur 50 km environ, plusieurs petites écuries de chameaux à ciel ouvert, se sont ainsi installées à proximité de l’autoroute pour fournir du lait de chamelle frais près des pâturages. Le lait y est souvent trait directement à la demande, devant les clients. De nombreux citoyens, parfois venus de loin, parcourent des centaines de kilomètres pour acheter ce lait et le consommer sur place, convaincus de ses vertus thérapeutiques et de sa capacité à soulager plusieurs maladies. Certains de ces points se transforment à certaines heures en haltes informelles, animées par les véhicules et les clients, illustrant la demande croissante pour ce produit surnommé «l’or blanc du désert». Ce phénomène, devenu courant, s’étend progressivement le long des routes menant vers le Grand-Sud, illustrant l’engouement grandissant pour le lait de chamelle et sa place particulière dans les croyances populaires liées à la santé. Cependant, malgré son dynamisme économique, cette activité nécessite encore une organisation et un encadrement garantissant, à la fois la sécurité sanitaire, et routière.

C. G.

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Graisse camelinière : Un trésor médicinal la filière cameline

En plus de la viande issue de l’élevage, la graisse de chameau occupe une place particulière. Réputée pour ses vertus médicinales, elle est localement et traditionnellement utilisée pour soigner les blessures, hydrater la peau et traiter certaines affections. Extraite de la bosse, cette graisse soulage les douleurs articulaires, le rhumatisme, la raideur des genoux et soigne les fissures cutanées. Riche en acides gras essentiels et en vitamines A, D et E, elle est également prisée pour le massage musculaire et le traitement des spasmes. Sur le plan économique, la graisse camelinière est très recherchée, mais reste rare sur le marché. Certaines boucheries dans la région l’offrent à des prix très élevés, tandis que certains éleveurs la vendent directement via des pages Facebook spécialisées. Malgré sa rareté, sa demande demeure forte, en faisant une source importante de revenus pour les éleveurs et renforçant la valeur du dromadaire au-delà du lait et de la viande. Ces produits renforcent la valeur économique du dromadaire, notamment pendant le Ramadhan et les fêtes religieuses. Cependant, les éleveurs font face à plusieurs contraintes : accès limité aux infrastructures modernes, pression foncière croissante et fluctuations des prix.

C. G.

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Course de dromadaires : Un spectacle et un moteur potentiel pour le tourisme

Les courses de chameaux dans la région, connaissent un regain d’intérêt et constituent à la fois une pratique sportive et un événement social majeur. Chaque année, la ville accueille le «Prix de l’habileté», généralement organisé à l’occasion de l’Aïd el-Fitr ou de l’Aïd el-Adha. Cette manifestation, symbole de tolérance et d’unité entre les habitants, attire de nombreux passionnés de sports sahariens et met en avant les traditions locales. Un camelodrome spécialement aménagée dans la localité de Saïd Atba, offrant un cadre sûr et organisé pour les compétitions et les spectateurs. Ces courses deviennent ainsi de véritables spectacles culturels, combinant sport, traditions et festivités. Au-delà de l’aspect récréatif, elles représentent un potentiel touristique important pour la région. Valoriser le patrimoine camelin et les savoir-faire locaux à travers ces événements pourrait stimuler un tourisme authentique et générer des retombées économiques durables pour les communautés sahariennes. Des initiatives visant à structurer et organiser ces courses renforceraient leur attractivité et leur rôle dans la promotion du désert et de ses traditions. Tout compte fait, l’élevage des dromadaires à Ouargla ne se limite pas à une simple activité économique. Il représente un pilier culturel, social et alimentaire profondément enraciné dans les traditions sahariennes. Entre adaptation au climat extrême, valorisation des espaces désertiques, production de viande et de lait aux vertus nutritives et thérapeutiques, et défis liés à la sécurité routière et à la préservation des troupeaux, le dromadaire reste un acteur incontournable de la vie locale. La modernisation des routes et le développement économique doivent s’accompagner de mesures concrètes pour protéger ce patrimoine unique, depuis la signalisation et les passages sécurisés jusqu’à la sensibilisation des usagers. Seule une approche intégrée, conciliant tradition, science et infrastructures adaptées, permettra de garantir la survie de la filière cameline et de préserver le lien millénaire entre l’homme et le «vaisseau du désert».

C. G.

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