Tiaret : les fondamentaux de la sécurité hydrique

En juin 2024, Tiaret a frôlé la catastrophe hydrique : le barrage de Bekhedda, principal réservoir régional, est tombé à moins de 1% de sa capacité. Cette situation d’urgence, née d’une conjugaison de facteurs (surexploitation agricole, urbanisation rapide et gestion déficiente), a déclenché une mobilisation nationale sans précédent.

La pénurie dramatique n'est pas née d'un seul facteur isolé. Elle résulte d'un cumul de causes : la surexploitation des nappes phréatiques par une agriculture intensive, une urbanisation accélérée, des forages illégaux et une gouvernance de l'eau perfectible. Historiquement, l'approvisionnement a connu plusieurs phases. Avant l'indépendance, la ville était alimentée par la ferme Henri à Mechria Sfa dans les années 1960, le barrage de Bekhedda a été construit pour desservir les plaines de Relizane en 1936 , et dans les années 1980, les autorités ont développé son exploitation. À mesure que les besoins ont augmenté, d'autres ressources ont été mobilisées. Aujourd’hui, le bassin Chott Chergui fournit 10 000 m³/jour et le bassin d’Adjrmaya plus de 30 000 m³/jour, pour un total actuel d'environ 40 000 m³/jour, complété par de nouveaux puits publics et privés. En 2024, un programme d’urgence est en marche : forages, réhabilitation de puits et distribution par camions-citernes ; 14 forages réalisés en quelques semaines (dont 3 à plus de 500 mètres de profondeur), optimisation du réseau par sectorisation et interconnexion des réservoirs, trois transferts express activés (Chott Chergui, Tousnina, Aïn Dzarit), fournissant 13 000 m³/jour supplémentaires, mobilisation du bassin d’Adjrmaya, projet stratégique alimentant Tiaret et 13 communes avoisinantes sur un tracé de 300 km. Le résultat ne se fait pas attendre : en 70 jours, la soif de Tiaret est étanchée. En parallèle, des campagnes ciblent les agriculteurs pour promouvoir le goutte-à-goutte et éliminer les systèmes gourmands en eau. «Chacun peut contribuer à préserver cette ressource. C’est une responsabilité partagée», souligne un membre d’une association environnementale locale. L’après-urgence se construit autour de solutions pérennes : le transfert d’Adjrmaya, avec 128 km de conduites, ajoutera 34 000 m³/jour et portera la capacité totale à 64 000 m³/jour, couvrant les besoins jusqu’en 2045, une station de dessalement est à l’étude malgré la distance d’environ 150 km du littoral, enfin, la gouvernance de l’eau sera renforcée, notamment par une lutte accrue contre les forages illicites. L’expérience de Tiaret démontre qu’une crise peut féconder l’innovation. Grâce à une intervention rapide, une synergie technique et une prise de conscience collective, la wilaya a, non seulement surmonté l’urgence, mais bâti les fondations d’une sécurité hydrique durable. La vigilance reste toutefois de mise : seule une gestion rigoureuse et partagée garantira que la soif ne redevienne à jamais un souvenir menaçant.

S. M. N.

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Éducation : un secteur qui recrute

La Direction de l’éducation de Tiaret (DE de Tiaret) a organisé un concours sur titre pour le recrutement d’enseignants dans les trois cycles : primaire, moyen et secondaire. Ce concours était ouvert aux grades suivants : professeur de l’enseignement primaire, classe 1 (12 741 postes budgétaires), professeur de l’enseignement moyen, classe 1 (10 078 postes budgétaires) et professeur de l’enseignement secondaire, classe 1 (4 608 postes budgétaires). La campagne de dépôt a permis de réceptionner 27 445 dossiers conformes, tandis que 830 dossiers ont été jugés non conformes et exclus de la procédure. Pour la phase opérationnelle, 211 postes étaient à pourvoir pour le primaire, 411 pour le moyen et 188 pour le secondaire. L’organisation administrative et logistique a mobilisé 98 commissions. Sur le territoire de Ksar Chellala, les candidatures reçues se répartissent en 1 919 dossiers pour le primaire, 1 513 pour le moyen et 552 pour le secondaire. Le dispositif d’encadrement a rassemblé 1 109 encadreurs pour assurer le bon déroulement des opérations sur le terrain. Les épreuves et les opérations se sont déroulées dans 31 centres, dont trois centres situés à Ksar Chellala. Toutes les étapes de l’opération ont été réalisées via le système d’information du secteur de l’Éducation nationale. Ce système a permis la réception, le contrôle et le traitement informatisé des dossiers, ainsi que le classement automatisé des candidats. Le classement automatisé des candidats sera établi sur la base d’informations vérifiées et conformes aux documents téléversés par les postulants, garantissant ainsi la transparence et la fiabilité de la procédure.

S. M. N.

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