Tiaret : la gazelle Rym réapparaît

Des photographies récentes du photographe professionnel, Hami Khalifa sur son compte Facebook, attestent de la présence, dans la wilaya de Tiaret, de la gazelle de sable, plus connue sous le nom de rym. Pour les spécialistes qui redoutaient son extinction, cette observation a des allures de miracle.

Le photographe a capturé une scène d’une rareté absolue dans la région, apportant un espoir après deux décennies de déclin marqué des populations de cette antilope saharienne. Classée et protégée par la loi, l’espèce reste pourtant fragilisée par la pression humaine, le braconnage et les dérèglements climatiques. La reproduction de la rym explique en partie sa vulnérabilité : selon un vétérinaire, l’équilibre biologique de l’espèce est extrêmement précaire. Le cycle de reproduction comprend un rut d’environ trois mois et produit, la plupart du temps, un seul petit.

Pour protéger ce faon fragile, la femelle le dissimule à l’écart du troupeau pendant les premiers jours; ce comportement, vital mais risqué, rend chaque perturbation extérieure potentiellement fatale pour le renouvellement des effectifs. Selon des biologistes de l’université Ibn Khaldoun de Tiaret, la rym étant confrontée à la sécheresse et au braconnage, s’est repliée vers des refuges reculés, notamment les zones inhospitalières du Grand-Erg occidental, abandonnant peu à peu ses pâturages historiques comme le plateau de Tiaret, de Tademaït et les environs de In Salah.

Ces retraites isolées compliquent la surveillance et la protection, mais expliquent aussi pourquoi l’espèce peut parfois réapparaître loin de ses aires habituelles. La découverte de la rym à Tiaret rappelle l’urgence de renforcer la protection et la gestion des habitats : surveillance accrue des zones-refuges, lutte contre le braconnage, mesures d’atténuation des effets climatiques et programmes de suivi scientifique sont indispensables pour transformer cet espoir récent en une tendance durable.

S. M.  N.

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