La wilaya de Tiaret se distingue par ses nombreuses zones humides, alliant barrages artificiels et sites naturels, qui constituent un écosystème vital pour la biodiversité, particulièrement pour l’avifaune.
Parmi les principaux sites identifiés figurent les barrages de Dahmouni, Bougara et Bekhedda, qui s'étendent sur des paysages variés où se déploie une flore et une faune riches. Les zones humides de Tiaret comprennent des sites classés Ramsar, tels que Chott Chergui et Aïn Saouss, ainsi que d'autres espaces comme Aïn Tidas et Daya El Khadra, situés dans les régions de Sidi Abderrahmane et Chehaïma.
Ces milieux, qu'ils soient naturels ou artificiels, comme le barrage Bougara, ou encore des retenues collinaires, sont essentiels pour maintenir la biodiversité et le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques.
Récemment, des zones humides permanentes ont été découvertes dans des régions steppiques, telles que Aïn Souane et Oued Touil, témoignant de la richesse cachée du territoire. L'avifaune de la région se compose de 121 espèces distinctes, englobant oiseaux migrateurs, sédentaires et partiellement migrateurs.
Ces populations aviaires jouent un rôle écologique crucial, non seulement grâce à leurs longues migrations, mais également en tant qu'indicateurs de la qualité des habitats aquatiques. De nombreuses espèces font une halte dans ces zones durant leur périple, notamment pour se reposer avant de continuer vers le Sahel ou l'Europe, illustrant ainsi l'importance de ces milieux comme étapes migratoires.
Selon une étude du Dr Latab Hassiba, de l’université Ibn Khaldoun de Tiaret sur l’avifaune dans la région de Tiaret, le statut phénologique des espèces observées est diversifié. Environ 57 espèces sédentaires représentent 69% de la population, tandis que les migrateurs nicheurs constituent 12% avec 17 espèces. Les espèces migratrices hivernantes saturent quant à elles 11% du panel observé. En analysant la composition trophique, il apparaît que les granivores dominent largement avec 46% de l’ensemble des espèces, tandis que les omnivores, insectivores, carnivores, et piscivores se répartissent entre 30, 13, 8 et 3% respectivement.
De plus, de nombreuses études ornithologiques ont établi des corrélations entre les conditions météorologiques et les paramètres démographiques des populations aviaires, tels que le taux de survie, la production des jeunes et la croissance des populations. L’évaluation des zones humides de Tiaret, riches en biodiversité aviaire, met en avant un patrimoine environnemental précieux.
La sauvegarde de ces milieux est essentielle, non seulement pour la faune, mais aussi pour le bon équilibre des écosystèmes. Il est primordial de sensibiliser sur leur préservation, garantissant ainsi la continuité d'un écosystème incontournable pour les migrations et la biodiversité en général.
S. M. N.