Située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu de la wilaya de Jijel, la commue de Bordj Thar, réputée pour ses fameux monts de Sedat, connaît actuellement une réelle dynamique de développement qui a touché plusieurs secteurs : les travaux publics, l’urbanisme, l’éducation, la jeunesse et des les sports, les forêts.
Plusieurs projets sont en cours de réalisation dans cette commune montagneuse, qui compte une dizaine de localités, dont, entre autres, Mahsen, Taghrast, Boumidoul, Acherar, Anchid, el Chouf, Ouled Abdellah, Bouzzane. A l’instar d’autres communes et localités montagneuses de la wilaya, Bordj Thar a été fortement touchée par l’exode des années 90. Actuellement, la vie reprend son cours normal dans cette commune dont la population est estimée 4.000 habitants. De nombreuses familles ont regagné leurs douars d’origine, notamment avec le lancement d’un conséquent programme de développement de ces régions qui a touché plusieurs volets : le logement, l’eau potable, la réhabilitation des établissements scolaires, la réouverture des structures sanitaires, l’aménagement et le revêtement des routes, ainsi que le soutien aux agriculteurs à travers les différents programmes d’appui.
Tout au long de notre virée dans le fief du puissant aârch de Beni Ider, qui a joué un important rôle dans la résistance de 1871 sous la houlette du cheikh el Mokrani, les avis sont unanimes à dire que l’effort de l’état est perceptible. Plusieurs projets ont été lancés : réhabilitation, revêtement des routes et des chemins communaux, l'ouverture et l’aménagement des pistes forestières, le raccordement au gaz et l'électricité qui étaient les préoccupations majeures de la population locale de ces régions.
En empruntant le chemin communal Boudrar Bordj Thar, avec ses ponts, réalisé en 1997, l’on aperçoit de hommes, femmes, enfants dans l'attente des bus pour rejoindre leurs champs d'oliviers dans les localités de Kriba, Acherar, Anchid, Boumidoul, Tahgrast, réputées pour la bonne qualité de l'huile d'olive.
La saison s’annonce bonne, selon un agriculteur qui était en train de faire ses emplettes dans une épicerie à Acherar, située à quelques kilomètres à l’est du chef-lieu de la commune. En dépit de la vague de froid qui sévit dans ces régions, situées sur une hauteur de plus de 800 mètres d’altitude, le plus ancien café, non loin du siège de la mairie, est bondé de monde; on y vient de Constantine, d’Alger, de Batna, d’Annaba...
Interrogé, Omar, un enseignant à la retraite, nous éclaire : «c'est la période de la cueillette des olives. les gens de la région s’accrochent toujours à cette pratique ancestrale. Nous avons une forte population d'immigrés dans ces wilayas. Pour eux, c'est une manière de se ressourcer et de maintenir le lien avec la patrie». On aperçoit également des nouvelles constructions. Deux grandes entreprises sont à pied d'œuvre pour l'entretien et la réhabilitation du chemin de wilaya 135 A, reliant la commune de Bordj Thar au chef-lieu de la daïra de Chekfa, sur une distance de 25 kilomètres. la première tranche a été achevée en passant par les monts de Sedat, et le CW 135 C reliant ladite commune à celle de Djemaâ Beni Hebibi en passant par Tessibilene. les travaux tirent à leur fin, selon le directeur des travaux publics Slimane Khelafa.
Ce dernier a révélé dans une récente déclaration à la presse que ces deux opérations ont nécessité un montant de 850 millions de dinars, dont une partie est destinée à la prise en charge des dégâts des dernières intempéries, notamment le glissement du chemin communal Bordj Thar en passant par Boudrar.
M. B.