Pâtisserie : les gâteaux traditionnels qui font saliver les jeûneurs

À Tiaret, la pâtisserie de l’Aïd est un véritable rituel : la cuisine devient atelier, chaque geste est précis et chargé d’histoire. Une semaine avant l’Aïd, on croise des femmes et des hommes affairés à pétrir, façonner, frire et fourrer. Les effluves d’eau de fleur d’oranger, de cannelle et de beurre se mêlent dans l’air. Les gâteaux traditionnels, kaâk, makrout, griouiche, ghribia, cornes de gazelle, sont préparés selon des recettes familiales souvent transmises de mère en fille. À côté d’eux, les baghrir, ces crêpes mille trous imbibées de miel et de beurre, et le msemen bien feuilleté occupent une place d’honneur sur la table du petit déjeuner de l’Aïd. Chaque famille affirme sa touche personnelle : une pincée d’un autre parfum, un glaçage particulier, une farce aux dattes plus généreuse. Les grands-mères deviennent, pour quelques jours, les gardiennes des secrets culinaires. Les boîtes se remplissent : on apporte des assortiments lors des visites familiales et l’échange de pâtisseries devient une coutume conviviale. Il n’est pas rare de repartir avec une boîte aussi pleine que celle que l’on a apportée, promesse de partages prolongés après la fête.

S. M. N.

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