Dans la wilaya de Mascara, l’arrivée du mois béni de Ramadhan est accueillie avec enthousiasme et respect des traditions. Impactées par son aspect oranais, en général, et rural, en particulier, les traditions culinaires à Mascara mettent en relief et à l'honneur des plats généreux, chauds et traditionnels.
Ces mets sont marqués par une cuisine du terroir, généreuse avec la harira, soupe épicée au carvi comme reine de la table qui est souvent accompagnée de boureks croustillants suivie des plats mijotés comme le m’hamer, viande rôtie en sauce ou des ragouts sucrés-salés comme les pruneaux (barkouk) Le diner inclut souvent les spécialités locales.
Durant tout le mois de Ramadhan, les ménagères s’activent à préparer la soupe pour la servir accompagnée le plus souvent de pain maison préparé à base d’orge (zeraâ)ou semoule ( matlou3), plat préféré et incontournable des gens de Mascara servi en guise d’entrée des repas pour rompre le jeûne. Le mode de vie diffère d’un foyer à un autre, car les chefs de ménage respectent souvent les traditions des régions de leurs ancêtres.
Ainsi, pour rompre le jeûne, juste après avoir accompli la prière du Maghreb, il y a des gens qui optent pour trois gorgées d’eau, d’autres préfèrent trois dattes et un verre de lait alors que d’autres «attaquent » directement la harira. Dans certains foyers, le pain maison, qu’il soit à base d’orge ou de semoule est préparé sur place, car disposant de fours faits en argile au niveau de leurs terrasses alors que d’autres s’approvisionnent au niveau des revendeurs installés à chacune des entrées de la ville. En effet, dès 16 heures, une effervescence particulière est enregistrée près des points de vente du pain, œuvre des acheteurs se déplaçant en voitures et pressés d’être servis en premier. Les jeux folkloriques et les bouqalets demeurent des expressions constantes des coutumes ancrées chez les habitants de Mascara. Les soirées ramadhanesques sont ainsi marquées par la renaissance de jeux populaires transmis de génération en génération, une pratique profondément enracinée dans la culture locale. Les voisines se rendent visite, organisant des rencontres où récits anciens, proverbes, plaisanteries et mets traditionnels se partagent, enrichissant ces moments de convivialité. Les aïeules, gardiennes des jeux et des traditions, apportent une touche spéciale propre à ce mois béni.
A. B.