L’iftar : un moment privilégié pour réunir la famille

À Ouargla, le mois béni de Ramadhan revêt un caractère spécial, où la spiritualité s’entrelace avec des traditions sociales profondément enracinées. Dès le premier iftar, considéré comme un moment fondateur, les valeurs de cohésion familiale, de respect et de considération pour ce mois se manifestent avec intensité.

Les soirées ramadanesques ne se résument pas à un simple repas. Elles constituent un rendez-vous quotidien presque sacré, où toute la famille se réunit autour d’une même table. L’essentiel ne réside pas uniquement dans les mets servis, mais dans le respect strict de l’heure de la rupture du jeûne et dans le fait de partager ce moment précis ensemble. Même les membres de la famille qui ne jeûnent pas prennent place à table, par égard pour la sacralité de l’instant. Dans ce contexte, l’acteur associatif Abdelkader Chabaâni souligne que cette scène familiale procure un profond sentiment de bénédiction propre au Ramadhan et inculque aux enfants, notamment à ceux qui jeûnent pour la première fois, la grandeur du rite et son importance dans la vie du musulman. Parmi les traditions héritées, figure la célébration de l’enfant qui accomplit son premier jeûne.

La famille tient à l’honorer à travers des gestes symboliques exprimant fierté et encouragement. Il est ainsi coutume de placer une bague en or dans le verre de lait avec lequel l’enfant rompt son jeûne, symbole de la valeur accordée à cet accomplissement. Le jeune jeûneur revêt également des habits neufs, souvent une gandoura blanche accompagnée d’un pantalon blanc et d’une calotte crochetée (chéchia), avant de se rendre à la mosquée pour accomplir la prière des tarawih, dans une atmosphère empreinte de joie et de fierté. Sur le plan culinaire, les habitudes de rupture du jeûne à Ouargla, à l’instar d’autres régions du pays, se distinguent par leur authenticité.

L’iftar débute traditionnellement par des dattes, notamment la variété «ghars», accompagnées de lait. La table est ensuite agrémentée de plats emblématiques du terroir local, tels que la harira, le zenbou, la dchicha de blé ou encore la soupe de frik, le choix dépendant des préférences des convives. Ces mets dépassent leur simple dimension alimentaire. Ils constituent un héritage culturel transmis de génération en génération, comme le rappelle Abdelkader Chabaâni.

Le Ramadhan se distingue également du reste de l’année par sa capacité à réunir quotidiennement la famille à une heure précise. En temps ordinaire, chacun prend son repas selon ses contraintes professionnelles ou scolaires. Durant le mois sacré, en revanche, tous s’organisent pour être présents au moment exact de la rupture du jeûne, consolidant ainsi les liens familiaux.

C. G.

Multimedia