Le mois de Ramadhan est le plus attendu et le plus adoré des 12 mois de l’année lunaire. Il s’agit d’un mois sacré pour les musulmans qui observent le jeûne de l’aube jusqu’au coucher du soleil par l’abstention de manger.
Le Ramadhan valorise la prière, l’aumône, la patience et la bienveillance tout en privilégiant le pardon et le renforcement des liens familiaux. Le jeûneur y est appelé à respecter les valeurs et des traditions que recommande la pitié et la foi islamique. Donc, c’est une manifestation d’expression religieuse de réflexion et de rapprochement avec Dieu et les croyants. A Annaba, à l’instar des autres régions du pays, les préparatifs en prévision de ce mois sacré, ont commencé durant le mois de Chaâbane, aussi bien dans la cité, que dans les banlieues.
Ce sont surtout les mosquées où un travail de bénévolat se fait dans le but de les rendre plus adéquats à l’accomplissement des prières, notamment celle du surérogatoire (Tarawih). Du côté des ménages, les préparatifs en prévision du mois béni ont débuté un mois avant et se sont poursuivis jusqu’à la veille du premier jour dejeûne. Nettoiement général de la maison, changement du décor des pièces, des ustensiles de cuisine ainsi que l’achat d’ingrédients pour les besoins des plats de tout genre retiennent l’attention de la bonne ménagère pour laquelle le mois de Ramadhan représente une période exceptionnelle et unique. Ainsi et à l’approche du Ramadhan donc , les mosquées et les zaouïas, les magasins et les foyers s’attellent à faire un grand nettoyage et s’approvisionnent en denrées alimentaires variées d’où une animation particulière dans les magasins, les marchés des fruits et légumes ou autres espaces commerciaux créant une ambiance exceptionnelle où se mélangent le spirituel et le convivial.
L’imam du Mausolée de Sidi Brahim Ben Toumi et chef spirituel de la confrérie de la Tariqua El Allaouia, El Hadi Tarcha, estime que le Ramadhan est une occasion supplémentaire qui permet le retour aux sources, à l’imploration de Dieu et aux principes de l’islam et le renforcement de la foi et les valeurs qui les accompagnent tels la charité, le pardon et surtout le rapprochement familial. Le mois de Ramadhan est propice à la profusion des Hadiths , leçons et éducations islamiques ainsi qu’aux douaâs (prière) dispensés et développés par les imams et les chouyoukhs en vue d’expliquer aux fidèles les bienfaits du jeûne et la bonne conduite adoptée pendant le mois sacré de Ramadhan. En dehors des mosquées et des zaouïas, l’aspect culturel devient l’activité privilégiée des chanteurs et des musiciens de différents genres de musiques avec le malouf et le chaâbi, très prisés dans la Cité.
L’activité commerciale n’est pas en reste, celle-ci est abondamment fournie pendant le mois du carême par les étalages des friandises traditionnelles surtout la zlabya qui est devenue le symbole de la dégustation gourmandise pendant le Ramadhan. La vaisselle moderne est également convoitée par les ménages pour rendre agréable le mois du jeûne. S’agissant de l’aspect traditionnel et culinaire, il y a certains faits qui marqueront l’événement tel le repas familial autour duquel se retrouve la majorité de la grande famille pour la rupture du jeûne, et ce, durant les 30 jours du Ramadhan.
A cet effet, une multitude de plats copieux et savoureux préparés soigneusement où la consommation de la viande devient une obligation au même titre que la soupe très connue «el djari» (chorba) et du «bourek. Celle-ci est faite à base de menus morceaux de pâte faits maison ou de frik avec un plat de viande pour garnir la maïda (la table). Pour rester dans les traditions culinaires, ces étapes sont aussi plus honorées par des plats plus relevés que d’habitude avec des pâtes traditionnels tels que «m’kartfa» et «gritilia» fabriquées à domicile et servies avec une sauce blanche, de la viande et des pois chiches. Le plat est ensuite garni de viande et d’ œufs.
Le plat de la nuit, n’est autre que le s’hour est un peu frugal et sobre tels le mesfouf aux dattes ou aux raisins secs et souvent du m’halbi accompagné de la brioche appelée «chrik». Après la pratique de la prière du surérogatoire (tarawih), le reste de la soirée, soit au tour d’un plateau bien garni de confiserie traditionnelle dans les foyers tantôt des soirées publiques dans les théâtres et les cafés écoutant de grandes mélodies des merveilleuses époques, andalous, chaâbi et malouf.
A cela s’ajoutent d’autres activités supplémentaires qui marquent les étapes importantes du mois sacré, tels que la veillée du 15ème jour (la moitié du mois) ou le 27ème jour Leilat El Kadri. Enfin, les familles bônoises se tournent vers les préparatifs de l’aïd El Fitr en achetant des vêtements neufs tout en s’attelant à préparer le bon makrout traditionnel et d’autres gâteaux pour la circonstance.
B. G.