Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, rapporté hier par plusieurs agences de presse internationales, le Président iranien, Massoud Pezeshkian, a tenu à exprimer sa profonde gratitude pour la médiation d'Islamabad.
L’espoir d’une désescalade militaire au Moyen-Orient pourra-t-elle venir de la capitale pakistanaise, Islamabad ? En tout cas, l’espoir est permis après l’annonce d’une réunion entre les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de la Turquie, ce dimanche 29 et demain lundi 30 mars. Cette rencontre de haut niveau, organisée à l’invitation pressante du ministre pakistanais Ishaq Dar, vise à tenir des discussions approfondies et urgentes pour réduire les tensions incendiaires qui ravagent le Moyen-Orient depuis exactement un mois.
Commentant cette initiative pakistanaise, le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan a souligné la nécessité d'un front régional uni pour stopper l'hémorragie, tandis que le gouvernement égyptien a officiellement confirmé sa participation pleine et entière à «cette initiative de la dernière chance».
Hier dans la journée, la rencontre a été chaleureusement saluée par le président iranien Massoud Pezeshkian. Lors d’un entretien téléphonique fleuve de plus d’une heure avec le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, rapporté par plusieurs agences de presse internationales, le dirigeant iranien a tenu à exprimer sa profonde gratitude pour la médiation d'Islamabad. Selon un communiqué de la présidence iranienne, M. Pezeshkian a «remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à mettre fin à l'agression contre la République islamique», voyant dans ce quartet - Pakistan, Arabie saoudite, Égypte, Turquie - un levier possible pour briser l'encerclement militaire actuel.
De son côté, Shehbaz Sharif a réitéré sa «ferme condamnation des attaques (sionistes) contre l'Iran», tout en informant Téhéran que «ses efforts impliquent des canaux de communication ouverts avec les États-Unis et les pays frères du Golfe, pour faciliter un dialogue direct».
Côté américain, l’émissaire américain Steve Witkoff a manifesté un optimisme prudent, vendredi.
Il a publiquement affirmé espérer que des rencontres directes entre l'Iran et Washington puissent enfin se concrétiser durant la semaine à venir, afin de sceller la fin de la guerre. Parallèlement, le président américain Donald Trump a fait une déclaration tonitruante, en affirmant que «le changement de régime en Iran avait déjà eu lieu dans les faits», ajoutant, avec une certaine ambiguïté, que les États-Unis quitteraient la région à un moment donné, mais «seulement après avoir assuré une position de force totale».
Cela étant, sur le terrain, la guerre se poursuit irrémédiablement et avec plus d’intensité. Cette 29e journée de guerre a été marquée par l’entrée en lice officielle des Houthis, du groupe Ansar Allah. Le porte-parole militaire du mouvement yéménite, Yahya Saree, a annoncé l'exécution d'une première opération d'envergure utilisant un barrage de missiles balistiques tirés depuis le Yémen vers le sud des territoires occupés. Cette frappe, qualifiée d'héroïque par les médias yéménites et iraniens, a déclenché les sirènes d'alerte à Dimona, Beersheba et Eilat, au sud des territoires occupés. Côté iranien, les gardiens de la Révolution ont annoncé, à leur tour, le lancement de la 85e vague de frappes de missiles visant le centre des territoires occupés et faisant un mort et trois blessés, hier matin.
Un peu plus tôt dans la journée d’hier, l’armée sioniste avait annoncé avoir élargi sa liste de cibles stratégiques sur le sol iranien, frappant de nouveau des infrastructures du régime dans la capitale, Téhéran, y compris des bâtiments civils, et causant plusieurs victimes parmi les civils.
Entre la menace d'une conflagration totale impliquant désormais le Yémen et les couloirs feutrés d'Islamabad, le sort du Moyen-Orient reste suspendu à l'issue de cette réunion quadripartite et à la capacité du Pakistan à transformer son rôle de facilitateur en un véritable accord de cessez-le-feu.
Y. Y.