Un nouveau drame a secoué le Soudan, samedi dernier, causant la mort de 14 personnes et des blessures à 16 autres dans la ville de Dilling, au Kordoffan du sud. Cette tragédie qui s'est nouée samedi soir à Dilling, dans l'État du Kordofan du Sud, vient tragiquement rappeler que le conflit soudanais s'enfonce dans une dimension technologique de plus en plus meurtrière pour les populations civiles. En ciblant des zones habitées par des frappes de drones, les auteurs – les Forces de soutien rapide (FSR), selon les témoins - ont une nouvelle fois transformé des quartiers résidentiels en champs de ruines. Et ce qui est révoltant dans cette attaque, c’est que parmi les victimes, selon le Réseau des médecins soudanais, cinq enfants et deux femmes, tandis que sept autres enfants luttent encore pour leur survie dans des structures de santé exsangues.
Cette attaque s'inscrit dans une série sinistre de frappes aériennes qui, depuis le début de l'année 2026, ont radicalement changé la nature du siège imposé aux villes du sud et de l'ouest du Soudan. On se souvient avec effroi du massacre survenu en mars dernier à l'hôpital universitaire d'El-Daein au Darfour-Est, où plus de 60 personnes, dont des soignants et des nouveau-nés, avaient péri sous les bombes. En février, c'était un convoi de déplacés fuyant les combats qui était pulvérisé en plein centre du pays, tuant 24 civils. Ces événements, loin d'être accidentels, dessinent une stratégie de terreur systématique.
Au total, le macabre décompte des victimes civiles spécifiquement tuées par des drones a désormais franchi la barre symbolique et terrifiante des 600 morts en moins de trois mois.
Face à cette escalade, les Nations unies, par la voix du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, multiplie les alertes sur ce qu'elles qualifient de crimes de guerre flagrants, dénonçant l'usage d'armes de précision contre des marchés, des écoles et des infrastructures de survie.
Y. Y.