L’acharnement du Makhzen contre les prisonniers sahraouis se poursuit : le cri d’alarme des instances sahraouies

Le refus persistant du Makhzen d'autoriser l'accès des experts des Nations unies aux territoires sahraouis occupés, trahit la crainte de Rabat de voir la réalité de ces traitements, révélée au grand jour.

Plusieurs instances sahraouies de défense des droits de l'homme ont multiplié, ces dernières jours, les appels aux organisations internationales pour une intervention urgente en faveur des prisonniers politiques et des défenseurs des droits humains dont l'intégrité physique et morale est gravement menacée. Des appels qui interviennent dans un contexte marqué par une répression accrue du régime colonial makhzénien, contre le peuple sahraoui qui continue de revendiquer, avec une détermination inébranlable, son droit inaliénable et imprescriptible à l'autodétermination.
Dans ce cadre, l'Association sahraouie des victimes de violations graves des droits de l'homme commises par l'État marocain (ASVDH) a publié, avant-hier dimanche, un communiqué interpellant les instances concernées afin de mettre un terme immédiat aux sévices subis par les prisonniers sahraouis, a rapporté hier l’APS.
Selon cette association, «les prisonniers sahraouis incarcérés uniquement en raison de leurs positions politiques et de leur attachement à la liberté de leur terre, font face à des conditions de détention inhumaines». L'association exprime notamment une profonde inquiétude quant à l'état de santé du prisonnier civil et défenseur des droits de l'homme, Brahim Daddi Ismaïli. Ce dernier, membre du groupe historique de «Gdeim Izik» et actuellement détenu à la prison d'Aït Melloul 2 au Maroc, il est la cible d'une politique de procrastination délibérée de la part de l'administration pénitentiaire qui lui refuse l'accès aux soins nécessaires, mettant ainsi sa vie en péril.
Cette situation n'est pas isolée, puisque l'ASVDH pointe également du doigt le sort d'Ahmed Bachir El Sebai, «détenu à la prison de Kénitra, dont la santé décline dangereusement suite à une négligence médicale persistante». Ce tableau noir est accentué par les mauvais traitements infligés à un autre prisonnier civil sahraoui, Mohamed Bani à la prison d’Agadir. L’association, qui a été informée par la famille du prisonnier, a appris que Mohamed, atteint de graves pathologies cardiaques et d'hypertension, s’est vu systématiquement refuser tout transfert vers un hôpital. Face à ce mépris total de la dignité humaine, le détenu a annoncé entamer une grève de la faim d'avertissement de quarante-huit heures à compter de ce lundi 30 mars pour protester contre ces conditions misérables.
Parallèlement, le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme au Sahara occidental (CODESA) a joint sa voix à ce concert de protestations en appelant à la protection des blogueurs et des militants actifs sur le terrain. L'organisation cite le cas emblématique de l'étudiant Houcine Bourkab qui, à peine sorti de prison après avoir purgé sa peine, a de nouveau été victime d'un enlèvement arbitraire le 26 mars courant à Al Ayoune occupée. Son crime a été de hisser le drapeau de la République Arabe Sahraouie Démocratique et de scander des slogans en faveur de l'indépendance, ce qui lui a valu un interrogatoire musclé de 8 heures dans les locaux de la police d'occupation.
Aussi, le refus persistant du Makhzen d'autoriser l'accès des experts des Nations unies aux territoires sahraouis occupés trahit la crainte de Rabat de voir la réalité de ces traitements, révélée au grand jour. Il devient dès lors impératif que la pression internationale s'intensifie pour briser ce huis clos et garantir enfin la sécurité du peuple sahraoui qui milite depuis plus de 50 ans pour son autodétermination et son indépendance.

Y. Y.

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