La situation humanitaire au Kenya s'aggrave de jour en jour sous la pression d'une météo implacable. Selon le dernier bilan officiel communiqué avant-hier dimanche par les autorités de Nairobi, et repris par plusieurs médias internationaux, le nombre de victimes des inondations s'élevait désormais à au moins 108 morts, marquant une progression tragique par rapport au précédent décompte de 88 décès.
Cette crise, amorcée par des pluies torrentielles dès le 6 mars au soir, a jeté sur les routes plus de 2 700 familles désormais sans abri à travers tout le pays. Les dégâts matériels témoignent de la violence des eaux qui ont emporté des dizaines de véhicules, paralysé le trafic aérien et gravement endommagé les infrastructures énergétiques nationales. Bien qu'une accalmie soit observée dans certaines zones, la police kényane maintient un niveau d'alerte maximal car la saturation extrême des sols rend les systèmes de drainage totalement inopérants face aux volumes d'eau stagnants.
Cette catastrophe s'inscrit dans un cycle climatique alarmant qui frappe toute la région. Mercredi dernier, en Tanzanie, les glissements de terrain provoqués par les pluies diluviennes ont causé la mort d'au moins 20 personnes dans la région de Mbeya.
Plus au sud, le Zimbabwe affiche un bilan encore plus lourd avec au moins 118 morts recensés depuis le début de l'année 2026. L'Afrique du Sud n'est pas épargnée, puisque, début janvier, des pluies torrentielles et des inondations ont causé la mort de 37 personnes, et poussé le président Ramaphosa à déclarer l’état de catastrophe nationale. Face à ces dérèglements climatiques, l’Afrique se retrouve en première ligne de cycles météorologiques de plus en plus violents. Une instabilité qui transforme désormais chaque saison des pluies en un défi vital.
Y. Y.