Les sinistres desseins sionistes pour le Liban se précisent un peu plus au fil des jours. Les autorités d’occupation ne se cachaient plus déjà de la volonté de changer en profondeur l’équilibre démographique du Sud Liban et d’étendre les destructions pour installer une «zone tampon», avec une profondeur de plus de 10 km en territoire libanais. Mais au-delà des prétextes sécuritaires évoqués, les déclarations matraquées par les responsables israéliens révèlent désormais des projections autrement plus funestes et plus franchement expansionnistes.
Des membres du gouvernement sioniste évoquent en effet de futures «frontières» s’étendant jusqu’au fleuve Litani, soit une profondeur de 30 km dans le corps libanais. Le plan, après avoir été plus ou moins brossé par Benjamin Netanyahu dimanche dernier, vient en tous cas d’être ouvertement assumé par le «ministre» de la Défense sioniste, affirmant hier que «toutes les habitations» des villages situés sur la ligne de la frontière avec le nord des territoires palestiniens occupés seront totalement détruites.
Le gouvernement d’occupation revendique ainsi sans sourciller des crimes de guerre caractérisés, au moment où l’escalade militaire au Moyen-Orient et dans le Golfe semble avoir achevé de consacrer la neutralisation des ressorts d’indignation internationaux. Sur des vidéos postées sur les réseaux sociaux par des éléments de la sinistre «brigade Golani», en action dans la zone, est exhibé le dynamitage systématique des demeures villageoises et des infrastructures civiles au Sud Liban, sur fond de chants provocateurs de la soldatesque sioniste convaincue de son impunité.
Le même ministre va-t-en guerre annonce par ailleurs, dans des déclarations reprises par l’agence Reuters, que les plus de 600 000 Libanais forcés de se déplacer vers le Nord depuis le début de l’agression massive, n’auront aucune possibilité de regagner leurs villages et habitations dans le sud du pays, poussant le cynisme jusqu’à évoquer le sort réservé aux populations de la bande de Ghaza. «Toutes les habitations des villages situés près de la frontière libanaise seraient détruites, à l’instar de ce qui s’est passé à Rafah et à Beit Hanoun dans la bande de Ghaza, afin d’éliminer définitivement les menaces pesant sur les habitants du Nord à proximité de la frontière».
La machine de guerre sioniste est en roue libre et ses exactions s’accumulent, poussant chaque jour un peu plus les limites du bellicisme et de l’arbitraire. Réagissant à ces graves évolutions, le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, voit se profiler la possible création d'un nouveau «territoire occupé» au Moyen-Orient, dans ce Liban livré en pâture par la passivité internationale.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, pratiquement HS dans le contexte, s’est réuni en urgence hier, pratiquement sans véritable ambition d’intervention, pour traiter de la question de la mort de trois Casques bleus indonésiens dans le sud du Liban, dans le contexte de l’agression qui se poursuit depuis un mois. La Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (Finul) déployée dans le sud du pays depuis 1978, annonce avoir ouvert une enquête sur l’explosion mortelle qui a ciblé un véhicule de la mission, près de la localité de Bani Hayyan. Les faits n’ont pourtant pas besoin de vérification vu le nombre de précédents. Outre les deux Casques bleus tués, deux autres ont été blessés, selon un communiqué du commandement de la Force, publié avant-hier. Deux victimes s’ajoutent à un autre membre indonésien de la mission, tué dans des conditions similaires dimanche dernier.
Témoin gênant des exactions sionistes, la Finul est ciblée régulièrement par l’armée sioniste depuis près de deux ans, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en novembre 2024.
M. S.