Conférence de presse de l’ambassadeur de Palestine à Alger : appel à un sursaut mondial contre l’apartheid sioniste

Ph. Ikessoulène
Ph. Ikessoulène

Deux jours après l'adoption par le «parlement» sioniste d'une loi scélérate autorisant l'exécution des prisonniers palestiniens, l’ambassadeur de l’État de Palestine en Algérie, Fayez Abu Aïta, a lancé, lors d’une conférence de presse organisée hier au siège de l’ambassade à Alger, un appel pressant à la conscience internationale.

Pour le diplomate, cette adoption constitue l'acte de naissance d'un apartheid judiciaire absolu, puisque cette mesure de mort ne s’applique qu'aux Palestiniens, épargnant de fait les colons juifs vivant sur le même sol de la Cisjordanie occupée. Ce saut qualitatif dans l'horreur vient assombrir un répertoire déjà lourd de l'entité sioniste qui, depuis la Nakba de 1948, n'a cessé d'enregistrer des crimes contre l'humanité ayant coûté la vie à des dizaines de milliers d'innocents.

L’ambassadeur a rappelé que ce déni du droit à la vie s’inscrit dans la continuité du génocide à ciel ouvert commis à Ghaza depuis le 7 octobre 2023, un massacre dont le bilan officiel dépasse désormais les 70 000 martyrs identifiés, bien que la réalité laisse présager un nombre bien plus élevé de victimes ensevelies sous les décombres. À ce sujet, M. Abu Aïta a révélé que «rien qu'hier, quatre restes humains non encore identifiés ont été retrouvés près de l'université de Ghaza». «Un exemple parmi les centaines d'autres de ces exécutions extrajudiciaires commises par l'armée sioniste durant son invasion de la bande de Ghaza, où des centaines de personnes ont été arrêtées, exécutées et enterrées dans des fosses communes», a-t-il dit expliqué.

Outre cette «face hideuse de l'occupation» à Ghaza, l’ambassadeur a décrit une Cisjordanie exsangue, où les populations sont persécutées par des milices de colons protégées par l'armée, dépossédées de leurs terres et de leurs oliviers millénaires. Cette stratégie d'étranglement s'étend jusqu'à la sphère religieuse, où «l'accès aux lieux de culte, tant musulmans que chrétiens, est systématiquement entravé, particulièrement à la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam» a encore expliqué le diplomate.

Cela étant, un hommage particulier a été rendu à l'Algérie, tant à ses dirigeants qu'à son peuple, pour leur soutien indéfectible. L'ambassadeur a également salué l'engagement de la presse algérienne pour la couverture de «la réalité amère vécue par les Palestiniens, tant dans la bande de Ghaza qu’en Cisjordanie», l'exhortant à persévérer pour démasquer les pratiques de torture systématiques subies par des milliers de prisonniers dans les centres de détention de l'occupation, dont des centaines ont déjà succombé sous l'effet des sévices ou de la négligence médicale délibérée.
Ici, l’ambassadeur, pour avoir lui-même passé huit années de sa vie dans les geôles sionistes où il a subi les affres de la détention, a détaillé des méthodes de torture moyenâgeuses, allant de l'usage de décharges électriques aux membres attachés par des câbles durant des jours.

À la fin de son intervention, Fayez Abu Aïta a réitéré que la nouvelle loi sur l'exécution n'était qu'un aveu de faiblesse de l'entité sioniste face à la fermeté d'un peuple qui refuse de mourir en silence. Il a souligné que les Palestiniens se sacrifient quotidiennement pour protéger les lieux saints au nom des deux milliards de musulmans à travers le monde, appelant une autre fois la communauté internationale à un sursaut de dignité pour arracher les prisonniers palestiniens à une mort désormais légalisée par l'occupant sioniste.

Y. Y.

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