Après les musulmans à la mosquée Al Aqsa : les chrétiens interdits d’accès à l’église d’Al Qods

L'escalade des restrictions imposées par les autorités d'occupation sionistes à Al Qods, en Cisjordanie occupée, a franchi un nouveau seuil de gravité, hier dimanche, touchant désormais de plein fouet la communauté chrétienne après avoir visé les fidèles musulmans.
Alors que l’accès à la mosquée Al-Aqsa est drastiquement limité depuis début février dernier, empêchant des milliers de fidèles Palestiniens d'accomplir leurs prières rituelles, c'est au tour des chefs de l’Église catholique d’être la cible d’une mesure d’interdiction sans précédent. Pour la première fois depuis des siècles, le Patriarche latin d’Al Qods, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, ainsi que le Custode de Terre Sainte, Francesco Ielpo, ont été physiquement empêchés par la police israélienne d'accéder à l'église du Saint-Sépulcre qui se trouve dans la vieille ville d’Al Qods-est pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, marquant le début de la Semaine sainte, ont rapporté, hier, plusieurs agences internationales.
Les circonstances de cette interdiction témoignent d'une volonté délibérée de restreindre toute manifestation religieuse d’envergure dans la Ville sainte, sous couvert de mesures de sécurité liées au conflit régional. Cela étant, hier, le Patriarcat latin et la Custodie ont dénoncé, dans un communiqué conjoint, «une arrestation brutale en chemin, contraignant les dignitaires à rebrousser chemin». Par ce geste, les autorités ecclésiastiques y voient un mépris total envers la sensibilité de milliards de croyants. Déjà privée de sa procession traditionnelle du mont des Oliviers, annulée par sens des responsabilités, la communauté chrétienne locale se retrouve désormais exclue de ses propres rites fondamentaux, les fidèles devant se contenter de cérémonies improvisées dans des monastères environnants.
Cette atteinte sans précédent au caractère sacré des Lieux saints et aux traditions séculaires a suscité une vague d'indignation internationale immédiate. Depuis Rome, le pape Léon XIV a rendu hommage aux chrétiens du Moyen-Orient, victimes d’un conflit atroce qui les empêche de vivre pleinement les rites de la Passion, illustrant l'isolement croissant d'une entité sioniste qui ne respecte plus aucun sanctuaire.
De son côté, la Jordanie a dénoncé une rupture du cadre juridique et historique en vigueur, appelant à la fin des mesures entravant l'accès au culte.
En Italie, la convocation de l’ambassadeur israélien a été annoncée, suite aux critiques de Giorgia Meloni contre «une offense à la liberté religieuse».
Enfin, le président français, Emmanuel Macron, a fermement condamné cette décision, soulignant «une multiplication préoccupante des atteintes aux Lieux saints d’Al Qods ».

Y. Y.

 

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