Alors que le pays fait face au spectre d’une annexion des territoires du Sud : trois journalistes assassinés au Liban

Alors que les regards sont braqués sur l’escalade militaire en Iran, le Liban s'enfonce dans une tragédie humaine, doublée d’une réelle volonté de l’entité sioniste d’occuper de nouveaux territoires.
Hier encore, l’horreur a franchi un nouveau palier, avec l'assassinat ciblé de trois professionnels des médias. Ali Shuaib, correspondant de guerre d'Al-Manar TV, Fatima Fatouni, correspondante d'Al-Mayadeen TV, et son frère caméraman ont été tués lorsque leur véhicule a été directement pulvérisé par une frappe aérienne de l’armée sioniste près de Jezzine, ont rapporté plusieurs chaines libanaises. Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé ce «crime flagrant» ; «une violation du droit international» par l’entité sioniste, rappelant que «les journalistes bénéficient d'une protection internationale en temps de guerre». Cette attaque s'inscrit dans une série de raids d'une violence inouïe, qui ont causé plusieurs autres victimes durant la journée d’hier. Le dernier rapport du ministère de la Santé libanais, établi du 2 au 27 mars, fait état de 1.142 martyrs et 3.315 blessés. Outre ces destructions massives avec leurs lots de martyrs et de blessés, le Liban fait face au spectre d'une guerre d'annexion de nouveaux territoires dans le Sud. En effet, en détruisant les ponts sur le fleuve Litani et en rasant des quartiers entiers à Beyrouth, comme à Bachoura, Israël semble mettre en œuvre une stratégie de contrôle territorial permanent. Aussi, l'annonce par le ministre sioniste de la Défense, Yisrael Katz, de la création d'une «ceinture de défense» jusqu'au fleuve Litani est perçue comme le prélude à une occupation illégale. Face à cette «tentative de séparer le Sud du reste du pays», le gouvernement de Nawaf Salam a pris la décision urgente de porter plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le Premier ministre a dénoncé un empiétement flagrant sur la souveraineté nationale, affirmant que les déplacements massifs - touchant 1,2 million de personnes - et les destructions d'infrastructures visent à empêcher tout retour des civils chez eux.
Entre les appels à l'annexion de l'extrême-droite sioniste et la réalité des camps de réfugiés libanais, le Liban ne se bat plus seulement pour sa sécurité, mais pour son existence même en tant qu' État souverain.

Synthèse agences / Y. Y.

Multimedia