Sonatrach a dépêché une équipe technique, au sein d’une délégation composée de représentants du groupe et du ministère des Hydrocarbures et des Mines, en mission de travail à Niamey (Niger). L’objectif, précise un communiqué du groupe, est de récolter les données techniques afférentes au tracé du projet du gazoduc transsaharien (TSGP) sur le sol nigérien, en coordination avec la partie nigérienne.
Cette démarche inscrite dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, «traduit l'engagement de l'Algérie à concrétiser ce projet qui s'inscrit dans le cadre de la consolidation des partenariats stratégiques avec les pays africains et la promotion de la coopération Sud-Sud». L’engagement traduit également «la volonté de l'Etat de renforcer la présence du groupe Sonatrach sur la scène énergétique continentale».
L’équipe dépêchée aura comme mission d’examiner le cadre légal et réglementaire au Niger, notamment s’agissant de la pose de canalisations, les études règlementaires (étude de danger - EDD et étude d'impact environnemental - EIE), ainsi que les permis et les autorisations de construction liés à ce gazoduc.
Des rencontres bilatérales et des discussions techniques seront tenues avec les responsables de la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP) et ceux du ministère nigérien du Pétrole, ainsi que d’autres parties impliquées dans ce projet. Les intervenants auront à examiner conjointement les premières étapes opérationnelles pour réaliser les études du tracé, tout en tenant compte des résultats préliminaires de l’étude de faisabilité réalisée par le consultant PENPSEN.
Selon Sonatrach, cette étape constitue un «prélude à la phase des études détaillées du tracé ainsi qu'à celle de la construction du gazoduc», précisant que la «phase opérationnelle du projet reliant le Nigeria, le Niger et l'Algérie sera lancée à l'issue du mois de Ramadhan 2026, avec la mobilisation de Sonatrach pour la mise en œuvre de ses différentes étapes, conformément aux instructions du président de la République».
Cette annonce a été, rappelons-le, faite, m—février dernier, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l'issue de ses entretiens avec le président de la République du Niger, chef de l'Etat, le Général d'Armée Abdourahamane Tiani. «Nous avons convenu du lancement du projet de réalisation du tronçon du gazoduc transsaharien traversant le Niger, pays frère, juste après le mois de Ramadhan», a affirmé le Président Tebboune, précisant que «Sonatrach prendra les choses en main et entamera l'installation du pipeline traversant le Niger».
Tout récemment, c’est autour de l'Organisation africaine des producteurs de pétrole (APPO) de mettre en avant l'importance du gazoduc, comme un projet structurant appelé à renforcer la position du continent en tant qu'acteur clé de l'équilibre du marché mondial. Dans un éditorial publié sur le site web de l'organisation, le secrétaire général de l'APPO, Farid Ghezali, a souligné que «ce projet figure parmi les infrastructures permettant de mieux valoriser les vastes ressources gazières africaines et d'offrir une nouvelle voie d'acheminement vers les marchés internationaux, notamment européens, dans un contexte marqué par des tensions et des perturbations persistantes sur les routes énergétiques traditionnelles».
L'APPO a défini l'accélération des infrastructures critiques comme une priorité stratégique, parmi lesquelles, figure le TSGP, dont la phase I devrait être opérationnelle à l'horizon 2029, ainsi que les hubs de GNL au Mozambique, au Nigeria et au Sénégal. « Œuvre africaine majeure», comme l’a qualifié le Président Tebboune, le TSGP est un projet salutaire et constitue une importante opportunité à saisir par les trois pays concernés, d'autant plus que les coûts et les délais de réalisation sont les plus compétitifs.
S’inscrivant dans le cadre du «Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)», ce projet est appelé à conforter la place du continent africain en tant que principal fournisseur d’énergie au niveau mondial. Ce projet ayant une capacité nominale de 30 milliards de mètres cubes par an, bénéficie ainsi de toutes les opportunités offertes par l’Algérie en matière d’infrastructures existantes, notamment son réseau de transport, les complexes de gaz naturel liquéfié (GNL) et les infrastructures de pétrochimie, ainsi que sa position géographique proche des marchés de gaz internationaux.
F. I.