Soirée ramadhanesque à Dar Erraïs : Gaâda Diwane Béchar sublime

Ph . A. Asselah
Ph . A. Asselah

À la faveur d’une nuit ramadhanesque enveloppée de douceur, Dar Erraïs, à Sidi Fredj, s'est muée, mercredi soir, en escale musicale, où les parfums du désert semblaient flotter dans l’air. Dans le cadre du «Thé Show», orchestré par Broshing Events, la scène s’est ouverte comme un espace de rencontre entre tradition et ferveur.

Porté par l’âme profonde du Sud algérien, le groupe Gaâda Diwane Béchar y a déployé un univers sonore empreint de mystère et de spiritualité, entraînant le public dans une traversée musicale où les rythmes du diwane se mêlent aux émotions collectives et à l’élan festif des soirées de Ramadhan.  Sur la scène, les instruments traditionnels, guembri, bendir et karkabou, dialoguaient avec des sonorités modernes, créant un paysage sonore dense et hypnotique. Cette alliance d’instruments anciens et contemporains constitue l’une des signatures du groupe, dont la musique mêle chants mystiques, rythmes sahariens et influences africaines. Très vite, la magie a opéré. Portée par les voix profondes et habitées des musiciens, la soirée a déroulé un répertoire emblématique où se mêlent chants spirituels et mélodies héritées des traditions du Gourara et du Touat. Des titres comme Bismillah Nabda, Ben Bouziane ou encore Nabina ont résonné avec intensité, révélant toute la dimension rituelle et collective de cette musique issue d’un patrimoine ancestral. Au fil du concert, l’ambiance s’est transformée en une véritable communion artistique. Les rythmes des karkabous, martelés avec ferveur, semblaient appeler la transe douce propre aux soirées diwane. Les voix s’élevaient comme des incantations, tandis que le guembri dessinait une ligne grave et enveloppante qui guidait les mouvements du public. Dans ce décor élégant de Dar Erraïs, entre mer et jardins illuminés, la soirée a pris des airs de voyage musical vers le Sud algérien. Plus qu’un simple concert, la prestation de Gaâda Diwane Béchar s’est révélée être une expérience sensorielle et collective. Fidèle à l’esprit du diwane, une musique d’invocation et de partage, le groupe a su créer une symbiose rare entre la scène et la salle, transformant ce rendez-vous du «Thé Show» en un moment suspendu, où le temps semblait se dissoudre dans la cadence hypnotique des percussions. Dans l’intimité chaleureuse des soirées ramadhanesques, la musique du désert a ainsi trouvé, le temps d’une nuit, un écrin idéal, pour rappeler la richesse et la profondeur du patrimoine musical algérien.

S. O.

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