«Rue des femmes enceintes», de Mustapha Bouchareb : quand le loup sommeille en soi

« Rue des femmes enceintes » de Mustapha Bouchareb, paru aux éditions Aram, évoque l’être humain dans sa dimension humaine, psychologique et sociale. Ce recueil de huit nouvelles étranges met en relief la dualité du bien et du mal chez l’homme et la noirceur de celui-ci qui prend le dessus.

Dans chaque nouvelle, l’écrivain met à nu l’homme et ses sept péchés capitaux, notamment l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse. En proie à ses démons, « l’homme est un loup pour l’homme », selon la citation de Thomas Hobbes.

Dans la première nouvelle, Mustapha arpente les rues de Ryadh et de Médine, dévoilant la méchanceté et l’orgueil de ces femmes qui n’hésitent pas à tuer si nécessaire. Cette histoire paraît invraisemblable tant par l’horreur qu’elle véhicule. Les autres récits sont tout aussi effroyables et épouvantables par leurs aspects sombres.

D’une écriture fluide et lyrique qui nous emmène dans les tréfonds de l’âme humaine, explore notre inconscient et sonde les méandres de notre cœur, l’écrivain talentueux et sagace montre les différentes facettes cachées de notre personnalité, lorsque le mental se fracture et se disloque loin de toute raison.

C’est le moment où la bête qui sommeille en tout être se libère, délivrant tous ses instincts primitifs et délétères.

K. A.

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