Si la calligraphie est un art consommé, il n’en demeure pas moins qu’elle requiert beaucoup de virtuosité, de créativité et de dextérité, ce qui distingue bon nombre de calligraphes de renom qui s’emploient à cet art avec une maîtrise totale et un haut degré de perfection.
C’est le cas de Noureddine Kour qui expose ses magnifiques tableaux à la galerie Ezzou’art du 7 février au 5 mars courant. Ce sont 19 tableaux qui reflètent un travail tout en finesse et en raffinement, tant l’harmonie des chromatismes semble s’imbriquer naturellement avec les formes et cette écriture si élégante et recherchée. De visu, on remarque que deux tableaux se juxtaposent en un seul, avec pour fond des dessins, des formes et des couleurs bien adaptées sur lesquelles se greffe la calligraphie aux divers styles. «J’emploie dans cette collection de calligraphies les styles, notamment thoulouth, diwani, diwani jali et farissi (perse)», explique l’artiste. «Le fond du tableau est de la peinture moderne est un mélange de peinture moderne et de calligraphie dont le rendu ne peut que ravir le regard. Chaque tableau comporte un de ces styles de calligraphie cités». Sur de l’acrylique sur toile, le plasticien a su rallier les divers styles tout en leur combinant des formes géométriques, des signes, des lettres et surtout une abondance de tons chatoyants judicieusement choisis sur lesquels il greffe des versets du Coran au milieu du tableau. Cette collection, toute en «houroufia», se décline dans son savoir-faire et son professionnalisme. Riche d’une longue expérience de 31 années dans le domaine de l’art pictural et chevronné dans la calligraphie, cet ancien professeur d’arts plastiques depuis 1982 a su allier un art ancien à une technique moderne qui se conjuguent subtilement et allègrement. Sa maîtrise parfaite de la couleur donne de la solidité et de la vigueur à son œuvre. Noureddine Kour, après une licence en arts plastiques à l’université de Mostaganem, a opté pour la peinture et la calligraphie dont il a fait son sacerdoce. Actuellement retraité, il ne s’est pas départi de cette passion puisqu’il possède une galerie d’art à Oran intitulée Kour Art Gallery. Secondé par son fils Oussama, directeur artistique de cette galerie, il a exposé ses œuvres dans diverses institutions privées et étatiques, entre autres à l’hôtel Rodina à Oran et à la mairie d’Oran pour le Téléthon 2000. Au regard de son excellent travail, il est le seul calligraphe à avoir reçu le diplôme suprême de l’histoire de la calligraphie contemporaine en Égypte en 2023, décerné par le célèbre calligraphe Khodir Mossadel à Port-Saïd. Il comptabilise d’innombrables expositions en Algérie, notamment à Alger au Palais de la culture, Oran (au MAMO), Constantine, Biskra, Mostaganem, Tlemcen, Maghnia, El Oued, etc. À l’étranger, il a participé à diverses expositions, notamment à Madrid, en Égypte, en Chine, en Inde, en France, en Iran, aux Émirats arabes unis et en Indonésie. Sa participation effective à des travaux artistiques tels que fresques murales, expositions et événements nationaux (anniversaires de l’Indépendance et commémorations, etc.) reste perceptible. Il est coauteur du livre Les règles de la calligraphie coufique moderne, ainsi que de l’ouvrage Comment dessiner les animaux avec le professeur Mohamed Laouedj. Auteur d’un autre ouvrage sur son parcours, édité par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques en 2021, il s’agit d’un beau livre où les œuvres de l’artiste sont mises en relief, tout comme sa saga avec la calligraphie. Un autre livre, paru en 2018 au Danemark, retrace son travail de calligraphe.
K. A.