Le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a célébré, vendredi après-midi, la Journée mondiale du théâtre à travers un programme riche et varié mêlant spectacles de rue, expositions et représentations théâtrales.
Les activités ont débuté en début d’après-midi à l’extérieur du théâtre, sur l’esplanade Mohamed Touri, avec des spectacles de rue destinés aux enfants. Un clown et son équipe accompagnés ont suscité l’émerveillement des plus jeunes. Des personnages inspirés de l’univers Disney ont également déambulé parmi les familles, créant une atmosphère féerique. En parallèle, le public a pu découvrir une exposition retraçant l’histoire du TNA, ainsi que des stands de ventes-dédicaces permettant la rencontre entre artistes, auteurs et spectateurs. La célébration officielle s’est ensuite déroulée à l’intérieur du théâtre avec la lecture du message international de la Journée mondiale du théâtre, rédigé cette année par l’acteur américain Willem Dafoe. Le message a été lu par les comédiens Hichem Gergah et Fatem Kesar, traduit en langue arabe. Un texte célébrant le rôle universel du 4ème art comme espace de dialogue et de réflexion. La cérémonie a été marquée par une série d’hommages rendus à plusieurs figures du théâtre algérien. La comédienne Lynda Sellam a été la première à être honorée, dans un moment symbolique puisque la célébration du 27 mars coïncide avec le mois consacré à la femme, rappelant la place importante des femmes dans la scène théâtrale algérienne. D’autres artistes féminines ont également été mises à l’honneur comme Nawel Zaâtar. La cérémonie s’est poursuivie avec des hommages à plusieurs artistes, notamment Mustapha Ayad, le dramaturge et comédien Zahir Bouzrar, ainsi que Habib Boukhelifa. Mais le moment le plus marquant de la soirée a, sans doute, été l’hommage rendu à Ahmed Kadri, dit «KriKeche», accueilli par une ovation du public lorsque son nom a été annoncé, témoignant de la place qu’il occupe dans le cœur des Algériens. La célébration s’est achevée par la présentation de la pièce Moufaraqa » (Paradoxe), produite par le théâtre régional d’El Eulma et écrite par le dramaturge Halim Zedam. La pièce plonge le spectateur dans le parcours existentiel de Didi et de son épouse Louiza, contrainte de vivre dans un fauteuil roulant, engagés dans une quête incertaine à la recherche d’un traitement. Au fil de leur voyage, ils croisent quatre autres personnages, chacun poursuivant ses propres rêves et objectifs, mettant en lumière les contradictions et paradoxes de la vie humaine. La pièce s’inspire librement de Fando y Lis du dramaturge espagnol Fernando Arrabal, figure majeure du théâtre de l’absurde. Tout en conservant l’esprit symbolique et absurde de l’œuvre originale, Halim Zedam en propose une réécriture contemporaine avec une dramaturgie et une esthétique propre, offrant ainsi une lecture moderne et locale de cette œuvre. À travers cette célébration riche en activités, en hommages et en création artistique, le TNA a une nouvelle fois rappelé le rôle essentiel du théâtre dans la société, en tant qu’espace de mémoire, de créativité et de rencontre entre les artistes et le public.
M. K.