Le Théâtre national algérien Mahieddine- Bachtarzi (TNA) a offert, dimanche soir, une parenthèse spirituelle d'exception à un public venu nombreux célébrer le retour de l'orchestre Hiyaw Nzourou, qui puise son nom de la qaçida (Allons rendre visite au Prophète dont la lumière resplendit).
Après deux années d’absence, la formation musicale a investi la scène du TNA pour une soirée dédiée aux chants sacrés du Madih, guidée par le jeune chef Wassim Belarbi, dont l'entrée sur les planches a été saluée par une ovation chaleureuse.
Dès 21h30, l’orchestre et les balcons du vieux théâtre algérois affichaient complet. Mélomanes et fidèles, de tous âges, avaient répondu à l'appel de cette musique ancestrale, dans une période hautement symbolique : ces derniers jours du Ramadhan où la quête de spiritualité a atteint son apogée. Le choix de cette programmation s'est révélé particulièrement pertinent. Alors que le mois de jeûne touche à sa fin et que les fidèles recherchent davantage de recueillement durant les dix derniers jours, ce concert dédié au Madih a offert une parenthèse spirituelle d'une rare intensité. Les spectateurs, visiblement en quête d'élévation, ont savouré chaque instant de cette immersion dans le répertoire spirituel.
Sur scène, plus d'une vingtaine de musiciens et choristes ont pris place, formant un ensemble orchestral d'envergure. La dominance du violon a immédiatement frappé les spectateurs : les nombreuses baguettes ont tissé une nappe sonore envoûtante, portant avec élégance les voix principales.
Cette imposante section de cordes, dialoguant harmonieusement avec les percussions traditionnelles et les instruments à vent, a offert une texture musicale riche et captivante, donnant une dimension nouvelle au répertoire classique du Madih.
Le public a immédiatement reconnu au chef d’orchestre ce talent prometteur qui porte haut les couleurs de la musique traditionnelle algérienne. Avec une maturité surprenante pour son âge, il a su diriger cette imposante formation avec précision et sensibilité, guidant les musiciens à travers les méandres des qaçidates religieuses qui ont ponctué la soirée.
L'orchestre «Hiyaw Nzourou» a proposé une véritable immersion dans l'univers du Madih, ce répertoire ancestral mêlant poésie sacrée et chants traditionnels que les générations passées consacraient aux louanges du Prophète Mohamed (qsssl).
Chaque qaçida est devenue une invitation au voyage spirituel, portée par des voix puissantes et des instruments dialoguant en parfaite coordination. Le silence recueilli du public témoignait de l'émotion palpable qui traversait la salle. Une soirée fidèle à la promesse du nom de l'orchestre : partir ensemble à la rencontre de la lumière de notre prophète (qsssl).
M. K.