Festival national de la musique chaâbie : préserver et transmettre un héritage national

Ph . A. Asselah
Ph . A. Asselah

La quinzième édition du festival national culturel de la musique chaâbi a offert, mardi soir, une nouvelle soirée placée sous le signe de la découverte de jeunes talents. Marquée par l'entrée en lice de cinq candidats venus des quatre coins du pays, cette étape éliminatoire a confirmé, si besoin était, que ce genre musical authentique ne se limite plus à la Casbah d'Alger, mais vibre avec force dans tout le territoire national.

Le public, connaisseur et attentif, a pu apprécier la diversité des interprètes. Le premier à se présenter sur scène était également le plus jeune de la compétition : El Arbi Bouamran Islam, représentant de la ville de Aïn Defla. Avec la fougue de la jeunesse mais le respect des règles strictes de l'art, il a ouvert le bal, bénéficiant de dix précieuses minutes pour convaincre le jury de son talent.

La soirée s'est poursuivie avec la prestation chronométrée de Bouaouina Tahar, venu de Béjaïa, suivi de près par Brahimi Rabah, représentant de Skikda. Ces deux passages ont illustré l'ancrage du chaâbi dans les régions côtières de l'Est du pays, chacune apportant sa sensibilité propre à l'interprétation du répertoire classique. Après le passage de ces trois premiers candidats, l'assistance a eu droit à une parenthèse poétique des plus raffinées. Le poète Khalil Khris, connu sous le nom d'artiste «Al Kasbadji», a offert une intervention dédiée au Malhoun, poésie métissée qui constitue la sève nourricière des grands textes du chaâbi.

La compétition s'est ensuite achevée avec la montée sur scène des deux derniers talents de la soirée : Hicham Meziane, représentant d’Alger, et Yacine Al Achi de Constantine. Leur prestation a clôturé un plateau entièrement masculin, où la qualité d'interprétation a primé sur le reste.
Au-delà de la performance individuelle, c'est la géographie des participants qui a marqué les esprits. Voir monter sur les planches des candidats de Aïn Defla, Béjaïa, Skikda, Alger et Constantine prouve avec éclat que la musique chaâbie s’est élargie bien au-delà de son berceau algérois. Elle est le patrimoine commun de tous les Algériens.

Enfin, pour clore cette soirée dans une ambiance à la fois solennelle et festive, les festivaliers ont eu le privilège d'assister à un concert de l'artiste Djazim Khalfa. Ce moment musical, riche en émotions, a offert une transition parfaite entre la ferveur du concours et la célébration pure du répertoire, laissant le public conquis et impatient de connaître la suite des délibérations.

M. K.

Multimedia