Sous un ciel chargé et traversé par des averses intermittentes, la scène de Dar Erraïes à Sidi Fredj a vibré, samedi soir, au rythme d’une soirée de clôture mémorable des soirées ramadanesques « Thé Show », organisées par Broshing Events. Ni les pluies ni les orages qui ont ponctué la soirée n’ont réussi à dissuader le public de sortir et de répondre présent à ce dernier rendez-vous musical, preuve de l’attachement des mélomanes à ces moments de partage artistique.
Dans cette atmosphère particulière, entre ciel tourmenté et lumières scintillantes sur la mer, le public s’est installé, abrité sous les terrasses et les tentes, déterminé à ne pas manquer cette ultime escale musicale. L’ambiance, loin d’être refroidie par la météo capricieuse, semblait au contraire portée par une énergie collective où la musique devenait un refuge et une célébration.
La première partie de la soirée a été confiée au groupe Harf, formation déjà connue des amateurs de la scène alternative. Fidèle à son univers sonore, le groupe a installé une atmosphère progressive et immersive, mêlant textures instrumentales et rythmes contemporains, créant une montée en puissance subtile qui a rapidement capté l’attention du public. Puis vint le moment attendu : l’entrée sur scène du groupe Djmawi Africa. Portée aujourd’hui par la voix et l’énergie d’Abdou El Ksouri, la formation a livré un concert généreux, fidèle à sa signature musicale où se rencontrent influences africaines, rythmes du diwane et sonorités modernes.
Dès les premières notes, l’adhésion du public était palpable. Les musiciens ont enchaîné plusieurs titres phares de leur répertoire, parmi lesquels «In kounta achik», «Amchi», extrait de l’album paru en 2021, mais aussi «Mama», «Avancez l’arrière», «Rayek» et «Dellali». Chaque morceau a suscité une réaction enthousiaste, repris en chœur par une assistance conquise. Sur scène, la musique de Djmawi Africa s’est déployée comme un véritable voyage sonore. Les percussions africaines dialoguaient avec les guitares et les claviers, créant une fusion vibrante qui oscillait entre tradition et modernité. L’énergie communicative des musiciens a progressivement transformé l’espace en une véritable célébration collective.
Au fil du concert, malgré la pluie qui continuait parfois de tomber en fines gouttes, le public est resté fidèle au rendez-vous, chantant et dansant. Ce contraste entre la météo capricieuse et la chaleur humaine de la soirée donnait à l’événement une dimension presque poétique.
S. O.