Une source au ministère des Affaires étrangères a tenu à démentir l’«assertion» incluse dans le Journal officiel de la France, concernant l’«avis relatif à la suspension par la France de l’accord sur l’exemption de visas de court séjour pour les détenteurs d’un passeport diplomatique ou de service du 16 décembre 2013», publié le 19 août, selon laquelle l’Algérie «a cessé d’appliquer à compter du 11 mai 2025» ledit accord.
Dans l’avis en question, il est mentionné que «la République algérienne démocratique et populaire a cessé d’appliquer à compter du 11 mai 2025 l’accord» en question, et qu’«en vertu du principe de réciprocité, cet accord a également cessé de s’appliquer en France à compter du 16 mai 2025».
Et c’est cette assertion qui a été démentie par une source au ministère des Affaires étrangères. Relevant «le caractère mensonger de l’assertion française», cette source a précisé que «les restrictions à l’accès au territoire français, imposées aux titulaires de passeports diplomatiques et de service algériens, ont été annoncées par la partie française elle-même dès le mois de février dernier».
Des mesures qui «ont, en leur temps, été dénoncées par la partie algérienne à travers un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères daté du 26 février 2025».
C’est la France qui a annoncé le 26 février la prise de «mesures de restriction de circulation»
Dans ce communiqué, le MAE avait indiqué que «l’Algérie a exprimé sa surprise et son étonnement face à des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français prises par le gouvernement français à l’encontre de ressortissants algériens titulaires de documents de voyage spéciaux les exemptant de formalités de visas».
Deux cas ont été signalés à ce moment-là. «Le premier cas, sur demande d’explications algériennes, a fait l’objet d’expression de regrets de la part des autorités françaises et a été qualifié d’incident malheureux dû à une rupture dans la chaîne de commandement», avait signalé le ministère dans ce même communiqué, alors que «le deuxième cas intervenu très récemment fait l’objet actuellement d’une même demande d’explications adressée aux autorités françaises».
En effet, durant cette matinée du 26 février, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait affirmé, sur le plateau de la chaîne de télévision BFMTV, que la France a «déjà pris des mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens».
L’Algérie n’a fait, donc, que réagir, proportionnellement, aux mesures prises par la France et annoncée par son chef de la diplomatie lui-même.
«C’est la France qui assume la responsabilité des premières violations flagrantes de l’accord»
Ainsi, cette même source du ministère des Affaires étrangères a ajouté à l’APS qu’«en cette affaire, la mauvaise foi de la partie française est manifeste». «C’est elle qui assume la responsabilité des premières violations flagrantes de l’accord en question», a-t-elle ajouté.
À cet effet, «la réaction algérienne ne relevait, quant à elle, que de l’application de mesures équivalentes s’inscrivant dans le cadre de la stricte mise en œuvre du principe de réciprocité».
À noter, dans ce sens, que pour ce qui est de cette date du 11 mai évoqué dans cet avis publié dans son Journal officiel, la France fait référence à la décision prise par les autorités algériennes demandant «au chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie que les agents français, objet d’une affectation dans des conditions irrégulières, fassent l’objet d’un rapatriement immédiat vers leur pays d’origine», comme rapporté par l’agence officielle.
Une décision prise «après le constat de manquements flagrants et répétés de la partie française au respect des procédures consacrées en matière d’affectation d’agents auprès des représentations diplomatiques et consulaires françaises en Algérie», puisque «sur la période récente, il aurait été constaté par les services compétents algériens l’affectation de pas moins de quinze agents français devant assumer des fonctions diplomatiques ou consulaires sans que ces affectations aient fait, au préalable, l’objet, ni de notifications officielles ni de demandes d’accréditation appropriées comme l’exigent les procédures en vigueur».
Ainsi, la source du ministère des Affaires étrangères «a conclu en affirmant que pour la partie algérienne, ce dossier est définitivement clos après la notification, le 7 août dernier, de la dénonciation par l’Algérie de l’Accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service».
Une dénonciation qui est intervenue, faut-il le rappeler également, suite à la lettre adressée, le même jour, par le président français, Emmanuel Macron, à son Premier ministre, François Bayrou, et dans laquelle il lui demande de suspendre l’accord de 2013.
En somme, depuis le début de cette affaire, l’affaire n’a fait que réagir dans le cadre de l’application du principe de réciprocité.