Moumdji : quand le patronyme se fait lumière, «Bougie, Moumdji, Mondji… Et Allah Y'nedji l’Algérie»

Ph. T. Rouabah
Ph. T. Rouabah

Dans le cadre solennel de son intervention, un instant de pure finesse sémantique est venu suspendre le temps. Zine El Abidine Moumdji, avec la malice d’un poète, a tenu à restaurer l’honneur de ses racines face aux approximations phonétiques qui malmènent trop souvent les identités. Point de place pour l’approximation. Il convient d'en finir avec les «Mondji» de salon.

L’homme se nomme Moumdji, et il exige que la prononciation rende justice à l'histoire. Ce nom, véritable pont jeté entre les rives de la Méditerranée, nous ramène à une illustre ascendance turque. L’explication, magistrale, s'est transformée par le militant, en une leçon de linguistique. En langue turque, la racine «Mum» ne murmure pas, elle brûle, puisqu’elle signifie «bougie». Accolée au suffixe «dji» marqueur indélébile de la guilde et de la fonction, elle désigne l'artisan.

Littéralement, Moumdji est le «cirier». Le fabricant de chandelle, celui qui, de génération en génération, a entretenu la flamme et le négoce de la clarté. Après avoir ainsi déshabillé son identité pour la revêtir de vérité, l’orateur a conclu sa démonstration par un trait d’esprit qui a fait vaciller la solennité de l’assemblée. D’un œil malicieux, il a interrogé l’assistance :«Ai-je enfin réussi à vous éclairer?» Une question rhétorique, sans doute, car ce jour-là, dans la salle du Forum, transformée à l'occasion en enceinte de la réflexion, la lanterne de la connaissance n'avait jamais brillé aussi fort.

Tahar Kaïdi

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