À mi-chemin entre l'Europe et l'Afrique, l'Algérie entame une mue décisive de son paysage infrastructurel. L'Algérie a déployé des efforts colossaux pour transformer ses réseaux de transport en véritables leviers de croissance économique. Alors que le train de la diversification économique passe à une vitesse supérieure, poussés par la volonté désormais ancrée, de réduire la dépendance aux hydrocarbures, le rôle des infrastructures de transport s’impose comme déterminant pour hisser la compétitivité économique de notre pays. Les infrastructures de transport constituent le socle concret à partir duquel le pays peut ancrer durablement sa place dans le commerce régional, continental et international. En la matière, l'Algérie dispose de bases considérables, héritées de décennies d’investissements publics massifs. Le réseau routier, avec plus de 145.000 kilomètres, est l’un des plus denses du continent africain, et le taux d’asphaltage atteint désormais presque 90%. L’épine dorsale de ce réseau est l’autoroute Est-Ouest qui s'étire sur 1.216 kilomètres, reliant l'est à l'ouest en traversant les principales zones de population et d’activité économique du nord du pays. En complément, le projet d’autoroute des Hauts Plateaux et la section algérienne de la route transsaharienne dessinent les contours d’un maillage continental prometteur. Sur les voies ferrées, le réseau national s’étend à plus de 5.000 km, un secteur en voie de modernisation, tandis que le pays compte une cinquantaine d’aéroports, dont une vingtaine de plateformes internationales, et une cinquantaine de ports, dont une vingtaine réservés aux hydrocarbures et aux autres flux commerciaux.
La principale limite réside moins dans l’existence de ces infrastructures que "dans leur fragmentation, et "la lenteur de certains projets de modernisation qui freinent la fluidité des flux marchandises et des passagers". Cependant l'efficacité logistique ne se mesure plus seulement à la longueur du bitume, mais à la fluidité du passage des marchandises. L'Algérie a, entre autres, réalisé des progrès significatifs dans la réduction des délais de passage portuaire grâce à la généralisation de l'Algerian Port Community System (APCS), une plateforme numérique centralisant les procédures. Les "ports secs" ont permis de désengorger les terminaux maritimes, facilitant un acheminement plus rapide vers l'intérieur du pays. Des programmes de digitalisation portuaire et de gestion 24 h/24 des terminaux, ont été lancés. L'adoption de modes et de technologies de transport modernes, tels que les rails électrifiés, les autoroutes à gestion intelligente, ports numérisés, et les plateformes logistiques intermodales, va réduire à l'avenir les temps de transit, les coûts de transport, et les pertes de marchandises dans la chaîne logistique. La modernisation des pistes aéroportuaires, des tarmacs et des systèmes de contrôle du trafic aérien permet d’augmenter la fréquence des vols cargo, de réduire les retards et de sécuriser les cargaisons de produits à forte valeur ajoutée. L’intégration des outils de gestion de la chaîne logistique, tels que les logiciels de suivi, les plateformes de commerce électronique, et les centres de tri multimodaux, va transformer les grands centres à Alger, Oran, Annaba, Tindouf Tamanrasset pour le Sahel en hubs logistiques régionaux. Une meilleure connectivité routière et ferroviaire vers l'Afrique permettrait de transformer l’Algérie en plaque tournante des échanges intra africains.
T. K.