Ministres, élus, cadres administratifs, managers économiques… Un sang nouveau dans l’encadrement

Depuis le premier gouvernement de l’Algérie indépendante, où le nombre de jeunes était important par nécessité plus que par choix, jamais il n’y a eu une telle proportion de jeunes ministres que depuis l’accession d’Abdelmadjid Tebboune à la magistrature suprême.

Contrairement au premier gouvernement de 1962 où le nombre de cadres instruits était limité, d’où l’impératif de confier la gestion de certains ministères à quelques-uns parmi le peu de diplômés rescapés de l’Algérie colonisée, la désignation aujourd’hui de jeunes ministres, alors qu’il y a des diplômés de qualité en grande quantité, est une option stratégique assumée. Les jeunes sont désormais « une réalité institutionnelle tangible » grâce au renforcement de leurs droits, à la création du Conseil supérieur de la jeunesse, ainsi qu’à l’élargissement de leur participation à la vie politique, à la gestion des affaires publiques et à leur accès au Parlement dans ses deux chambres. C’est ainsi que s’est exprimé le conseiller du président de la République chargé des Affaires politiques, des Relations avec les jeunes, la société civile et les partis politiques, Mustapha Saïdj, à l’occasion de l’ouverture de la première rencontre nationale du programme de formation des jeunes leaders ‘‘DZ Young Leaders’’.

C’est que la proportion de jeunes dans les institutions de l’Etat est clairement supérieure à ce qu’elle a été durant de plusieurs décennies. Rien qu’à la lecture de la composante du gouvernement, on constate que la présence de ministres quinquagénaires, certains quadragénaires et même de trois trentenaires. On citera, pêle-mêle, Ouacim Kouidri, Yacine El Mehdi Oualid, Malika Bendouda, Mustapha Hidaoui, Noureddine Ouadah, Soraya Mouloudji, Kaoutar Krikou, Walid Sadi, Nadjiba Djilali, Selma Bakhta Mansouri et Sofiane Chaïb. Même le Premier ministre est quinquagénaire, sachant qu’il a été ministre avant d’avoir été promu, en septembre de l’an passé, Premier ministre par intérim, puis Premier ministre. Le plus jeune d’entre eux, Yacine El Mahdi Oualid, n’a pas encore bouclé ses 33 ans. Mieux, il était déjà ministre alors qu’il n’avait pas encore 27 ans. Sofiane Chaïb et Selma Bakhta Mansouri sont eux aussi trentenaires.

C’est dire qu’un vent de jouvence souffle sur le Palais du Gouvernement. D’autres institutions connaissent un rajeunissement de leurs cadres, notamment les assemblées populaires communales (APC), en lien direct avec le quotidien du citoyen, où il existe de nombreux élus vingtenaires et trentenaires, dont certains sont présidents d’APC, ainsi que les assemblées populaires de wilaya (APW). D’ailleurs, la ministre chargée des relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, est issue des élections locales puisqu’elle a été présidente de l’APW d’Alger avant de devenir ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, puis ministre des Relations avec le Parlement.

Le rajeunissement des cadres a touché également plusieurs organismes administratifs et entreprises économiques publiques. Cette politique visant à permettre à des jeunes d’assumer des responsabilités locales, régionales et nationales participe de la conviction du président de la République de la nécessité de transmettre graduellement le flambeau aux jeunes générations afin de perpétuer l’Etat tout en permettant une transition souple et réfléchie. Elle participe plus globalement d’une politique de valorisation des jeunes dans tous les domaines de la vie socioéconomique qui s’est concrétisée par le lancement de plusieurs chantiers et projets en faveur des jeunes dont les plus emblématiques sont la création de start-up, pilotées et dirigées par de jeunes compétences algériennes avides de démontrer ce dont elles sont capables, la création de passerelles entre l’université et les grandes écoles d’une part et les unités économiques d’autre part afin de permettre aux jeunes universitaires de pénétrer dans le monde du travail sitôt leurs diplômes en poche, la revalorisation et la mise-à-niveau de la formation et de l’enseignement professionnels afin qu’ils soient au diapason des métiers modernes et d’avenir et permettre ainsi aux bénéficiaires d’être formés à des métiers répondant aux besoins du marché du travail, ainsi que la prise en charge réglementée des jeunes micro-importateurs (plus connus sous le vocable populaire de « trabendistes ») en leur offrant un cadre légal pour la pratique de leurs activités.

Ceci sans parler de mesures de soutien aux jeunes qui n’ont pas encore pénétré le marché du travail telles l’instauration d’une allocation-chômage pour les primo-demandeurs d’emploi et la revalorisation du montant de la bourse pour les étudiants.
Ce sont donc autant de mesures et d’actions destinées à valoriser les jeunes et à les impliquer dans la vie socioéconomique de manière générale et, surtout, dans la prise de responsabilités au niveau national en particulier.

Reste aux jeunes de se montrer à la hauteur des responsabilités à assumer pour qu’ils soient fidèles à l’œuvre des jeunes cadres et ministres qui avaient assumé avec courage la lourde charge de faire démarrer l’Algérie fraîchement indépendante.

F. A.

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