Le docteur Abdelmadjid Yaici n’est plus.
La nouvelle est tombée telle un couperet dans la cité de Aïn Fouara, affectant profondément tous ceux qui l’ont connu, aimé et côtoyé jusqu’à ses nombreux patients qui le pleurent aujourd’hui, et qui ont appris à le connaître, à l’hôpital Saâdna Abdenour, d’abord, puis dans son cabinet plus tard, toujours égal à lui-même, a sa renommée. Il s’est éteint à l'âge de 77 ans dans cette sublime modestie qui était la sienne, disponible à souhait, aimant son pays jusqu’à ne jamais le quitter malgré toutes les offres qui lui furent soumises pour aller porter son savoir et sa compétence sous d’autres cieux.
Il se voulait, dans la fierté et la dignité qui l’animaient, être au service de son pays avec une rigueur telle, qui lui valut de se hisser au passé révolutionnaire des siens, de Si Abdelkader son père, moudjahid de la première heure, membre de l’Organisation secrète, affecté en Allemagne pour servir la Révolution et qui échappa à plus d’un attentat avant de recevoir une valise piégée qu’il ouvrit à son hôtel, croyant que c’était la valise traditionnelle du FLN, hélas, elle lui explosa en plein visage pour lui arracher de 3 bâtons de dynamite les deux mains.
Le Dr Madjid Yaïci n’oubliera ainsi jamais cette triste image d’un père qui rentrait à l’indépendance, sans ses deux mains, mais aussi fier et digne qu’il a toujours été. Madjid comme l’appelait ses intimes portait une fidélité sans limites au père et à la cause qu’il servait. Toujours très proche de ses patients au CHU Saâdna Abdenour, d’abord, où il était en 1982, chef de service cardiologie, tout de compétence établie et de rigueur envers ceux qu’il formait avec une autorité inébranlable.
Plus que le professeur qu’il était, le docteur Yaïci Abdelmadjid qui fit une bonne partie de sa scolarité aux lycées Mohamed-Kerouani, où il était brillant, et El-Mokrani, marchait ainsi sans relâche sur les pas de ses ainés, autant aimés et appréciés à Sétif que sur les hauteurs d’El-Flay, Chemini et Sidi Aïch. Après sa poste graduation en cardiologie, il n’a pas hésité à rejoindre le bercail, Sétif refusant toutes les offres qui lui furent soumises pour rester dans le silence qui était le sien, égal à lui-même et servir son pays sans jamais rien demander.
Plus que Médecin, il était le confident, l’ami de ceux qui souffraient, toujours animé du désir ardent de servir son pays, en être le digne ambassadeur en assistant à de nombreux colloques et contribuer à la formation de jeunes médecins qui le pleurent .
F. Z.