Le chargé d’affaires de l'Ambassade de France à Alger convoqué : l’Algérie proteste contre le renouvellement de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien

Le chargé d’affaires de l’Ambassade de France à Alger a été convoqué ce jeudi 26 mars 2026 au siège du ministère des Affaires étrangères (MAE) pour protester, dans les termes les plus fermes, contre le renouvellement, hier mercredi, pour une durée supplémentaire d’une année, de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien, a indiqué un communiqué du MAE.

«L’attention du diplomate français a été fermement appelée sur le fait que l’agent consulaire algérien faisait déjà l’objet d’une détention provisoire d’une année et ce, depuis le mois d’avril 2025, en dépit de son statut protégé au titre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963», a ajouté la même source.

Dans ce même contexte, «il lui a été fait part d’une très vive réprobation quant au traitement inqualifiable que subit l’agent consulaire algérien depuis son incarcération et qu’a permis de révéler la première visite consulaire autorisée dont il a bénéficié le 17 mars courant», poursuit le communiqué, soulignant, en dernier lieu, qu’«il a été notifié au chargé d’affaires français le fait que cette décision difficilement justifiable ou recevable aura inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises».

Un renouvellement de la durée de la détention provisoire de l’agent consulaire algérien qui intervient quelques jours seulement après que M. Ahmed Attaf, a reçu un appel téléphonique de son homologue français, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot.

Un entretien durant lequel les deux ministres ont examiné «l'état des relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que les perspectives qui s'offrent à elles».

Pour rappel, le 13 avril 2025, le Secrétaire Général du ministère des Affaires étrangères, M. Lounès Magramane, a reçu, au siège du ministère, l’ambassadeur de France en Algérie, M. Stéphane Romatet «pour lui exprimer la vive protestation de l’Algérie suite à la décision des autorités judiciaires françaises de mettre en examen et de placer en détention provisoire un de ses agents consulaires en exercice sur le sol français dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire sur un supposé enlèvement du voyou Amir Boukhors, dit AmirDZ, en 2024», comme indiqué dans un communiqué du MAE.

L’Algérie a rejeté «fermement, tant sur la forme que sur le fond, les motifs invoqués par le Parquet antiterroriste français, à l’appui de sa décision de mettre en détention provisoire son agent consulaire», a souligné le ministère.

Ainsi, sur le plan de la forme, «l’Algérie rappelle que l’agent consulaire a été arrêté en pleine voie publique puis placé en garde à vue sans notification par le canal diplomatique et en flagrante contravention aux immunités et privilèges rattachés à ses fonctions près le Consulat d’Algérie à Créteil ainsi qu’à la pratique prévalent en la matière entre l’Algérie et la France», alors que sur le fond, «l’Algérie retient surtout la fragilité et l’inconsistance de l’argumentaire vermoulu et farfelu invoqué par les services de sécurité du Ministère de l’Intérieur français durant les auditions, laquelle appuie cette cabale judiciaire inadmissible sur le seul fait que le téléphone mobile de l’agent consulaire inculpé aurait borné autour de l’adresse du domicile de l’énergumène Amir Boukhors».

L’Algérie avait appelé «à la libération immédiate de l’agent consulaire placé en détention provisoire et exige que les droits rattachés à ses fonctions, aussi bien dans le cadre des conventions internationales que des accords bilatéraux, soient scrupuleusement respectés en vue de lui permettre de se défendre convenablement et dans les conditions les plus élémentaires».

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