En Algérie, 12 à 14 % des enfants de moins de 5 ans sont touchés par l’obésité. Agir tôt et collectivement est essentiel pour protéger la santé des générations futures.
Le ministère de la Santé a célébré, hier, la Journée mondiale de lutte contre l’obésité. Ce rendez-vous, qui a vu la participation de nombreux spécialistes, a été l’occasion de faire un bilan sur le combat mené contre cette maladie chronique. L’événement a été placé cette année sous le thème «Ensemble, nous pouvons changer l'histoire de l'obésité». Un slogan qui véhicule un message clair : lutter contre cette maladie est une responsabilité collective qui exige une réponse globale et coordonnée aux niveaux national et mondial.
Dans une allocution, lue en son nom par le SG du ministère, Mohamed Talhi, le ministre de la Santé a indiqué que l'obésité chronique n'est plus seulement une question d'apparence ou de poids, mais une maladie complexe qui constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies, telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension artérielle et certains types de cancer, en plus de ses effets psychologiques et sociaux qui affectent la qualité de vie et l'intégration sociale. «La prévalence de l'obésité dans le monde a atteint des niveaux alarmants, les dernières estimations indiquent que plus d'un milliard de personnes sont obèses. En Algérie, l’obésité touche 12 à 14 % des enfants de moins de cinq ans.
Ces indicateurs sont principalement liés aux transformations que la société a connues dans son mode de vie, notamment l'évolution des habitudes alimentaires et l'augmentation de la consommation de produits saturés en sucres, en graisses et en sel, ainsi qu'un manque d'activité physique», a expliqué Mohamed Seddik Aït Messaoudène, avant de mettre en exergue l’engagement de son département dans la lutte contre ce fléau, notamment par l'élaboration et la diffusion du Guide national pour la prise en charge de l'obésité. Un document de référence destiné, poursuit-il, aux professionnels de la santé pour comprendre et prévenir cette maladie. «Ce guide constitue une étape cruciale pour sensibiliser le public et faciliter une intervention précoce en matière d'obésité.
En plus de la préparation d'un deuxième guide complémentaire, avec le soutien de l'UNICEF, qui porte sur la prévention et la lutte contre l'obésité en milieu scolaire et vise à instaurer une culture de nutrition saine et d'activité physique régulière dès le plus jeune âge, en intégrant l'éducation nutritionnelle dans les programmes éducatifs et en promouvant le rôle de l'école et de la famille dans la mise en place de comportements sains et durables». «Nous sommes convaincus qu'en adoptant une approche cohérente, une mobilisation et une volonté collective, nous pouvons inverser cette tendance et assurer un avenir plus sain à nos enfants. Œuvrons ensemble pour enrayer l'obésité en Algérie et bâtir une société où chacun puisse mener une vie saine et équilibrée», a conclu le ministre.
De son côté, la représentante et directrice de l'ONUSIDA en Algérie, le Dr Soraya Alem a, d’emblée, déclaré que la lutte contre l’obésité est l’affaire de tous. «Dans le monde, le nombre d’adultes en surpoids dépasse les deux milliards. En Algérie, comme pour de nombreuses autres nations, la hausse des individus en situation de surpoids constitue un défi pour la santé publique», a-t-elle affirmé. Pour sa part, le Pr Amar Tebaibia, chef de service de médecine interne à l'hôpital Birtraria (Alger), également président de la Société algérienne d'obésité et des maladies métaboliques, a soutenu également le fait que l’obésité n'est plus un problème individuel ni une simple question esthétique, mais constitue l'un des défis majeurs de santé publique dans notre pays.
S. K.